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L'histoire de Bon Temps reste à écrire ...

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 Quand Pygmalion rencontre sa créature [Adonis]

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Gia S. Williams

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MessageSujet: Quand Pygmalion rencontre sa créature [Adonis] Dim 21 Oct - 18:12


Adonis & Gia
Quand Pygmalion rencontre sa créature.


    On s’active les filles, lever de rideau dans cinq minutes !!!

    Le bruit est affolant dans les loges où les jeunes femmes légèrement vêtues courent dans tous les sens. Les plumes et les froufrous faisaient un bruissement assourdissant, on se serait cru dans un poulailler. A la différence de l’odeur. Celle qui planait dans la pièce était sucrée, sensuelle. Elle aurait fait tourner la tête de n’importe quel homme qui serait entré dans la pièce. Le seul homme présent était l’homme de main d’Eric qui gérait les menus désagréments et les imprévus qui pouvaient éventuellement survenir et gâcher le spectacle. Les femmes présentes appartiennent uniquement à la race vampirique. Et leurs spectateurs sont des humains. Paradoxal ? Sûrement. La tension est palpable dans la salle de spectacle. Les humains frémissent devant les femmes qui semblent d’une beauté irréelle et le danger qu’elles représentent. Jouer avec le feu a toujours été une caractéristique humaine. Frôler la limite, voir jusqu’où on peut aller. Les dérapages sont monnaie courante dans le club. Morsure et sexe interdits. En théorie. En pratique, c’est bien différent. Et puis, les humains sont si naïfs. Vous demanderiez à des loups de rester stoïques face à la présence d’agneaux tendres et savoureux ? Impossible.

    Les femmes se pressent donc, l’une cherchant ses bas, l’autre son porte-jarretelle. Rouge à lèvre, fard à paupière et blush. Les coiffures relevées mettent en valeur la nuque et la gorge. Les décolletés sont affolants et les soutiens-gorge pigeonnants. Les bas résilles et les chaussures à talons poussent le regard à glisser sur des jambes parfaitement galbées. Le gros des femmes présentent s’engouffrent par la porte des loges en direction de la scène. Le calme se fait dans la pièce. Il paraît à présent anormal et fantasque. Comme si on avait perdu l’audition. Etrange. Une femme est assise devant une causeuse et se maquille tranquillement, avec application. Son visage est d’une beauté rare. Elle semble empreinte d’une tristesse qui ne la quitte jamais. Mélancolique. Mais on perçoit également ce danger latent caractéristique de la race vampirique. Sa fragile apparence est bien loin de ses capacités réelles. Broyer des os et déchiqueter des chairs à vif. On ne penserait pas qu’elle est tant cruelle à la voir ainsi. On lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Grossière erreur. L’humain mâle est gouverné par ses hormones. Et c’est ce qui le perd, toujours. Gia, car c’est son nom, applique du rouge carmin sur ses lèvres qui dissimulent à peine une paire de canines dangereusement affûtée. Son esprit est cependant ailleurs, ses gestes automatiques. Elle repense à son créateur qu’elle n’a pas revu depuis son arrivée aux Etats-Unis. Elle a pourtant senti une puissante attirance vers ce lieu, dans qu’elle sache bien pourquoi. Mais en y réfléchissant bien, elle sait à présent qu’il s’agit de son créateur. Adonis ne saurait être loin. Elle frissonne à cette pensée. Elle a aimé une fois, durant sa vie humaine. Et elle l’a regretté. Elle a souffert milles maux de s’être attaché à un homme. Alors, lorsque son cœur a commencé à se serrer à la vue d’Adonis, elle a fui.

    Elle ne veut plus perdre qui que ce soit. Elle devrait être rassurée, non ? Un vampire est censé être immortel, non ? Et pourtant, Gia a peur. On ne sait jamais. Un vampire peut être détruit. Elle ne croit pas à l’amour immortel. Même si Adonis ressent la même chose qu’elle, il ira forcément voir ailleurs un jour. C’est certain. Et elle ne pourra le supporter. Alors, autant fuir. Ne pas le retrouver. Elle espère autant qu’elle craint l’instant où il franchira la porte de ce cabaret. Car quelque chose lui dit qu’il sait qu’elle est ici. Le lien qui les unit ne s’est jamais rompu, malgré toute la distance que Gia a pu mettre entre eux.

    Ca va être à toi dans dix minutes, ma belle. Tiens-toi prête !

    Elle sursaute lorsque le gérant la rappelle à la réalité. Elle se contente d’un hochement de tête. Elle se lève et se saisit de sa tenue de scène. Un body transparent, mettant en valeur ses formes. Elle enfile lentement ses bas et ses chaussures de scène. Relevant sa tignasse brune, elle dégage sa nuque. Comme toujours, elle repartira ce soir avec un humain à égorger, ce qui la soulagera, temporairement de ce vide qu’elle ressent. Elle en salive d’avance. Soudain, elle entend le signal qui lui indique qu’elle doit entrer en scène. Elle se lève et sort de la pièce. Passant dans les couloirs qui l’emmènent à l’arrière de la scène, elle est dans l’ombre. La tension est palpable dans le public. Gia commence à avoir pas mal de succès. Elle entre en scène discrètement, tandis que l’obscurité la recouvre et la dissimule aux regards des spectateurs. Et soudain, la musique retentit.


    La lumière chaude et sensuelle s’allume et se focalise sur elle. Gia se retourne, un léger sourire illuminant son visage. Le silence est total dans la salle. La musique est lente, sensuelle, les premières notes sont lascives et Gia laisse son corps onduler lentement au rythme du chant. Lorsque les basses s’ajoutent, les gants qu’elle a pris soin d’enfiler, glissent le long de ses bras et elle les envois dans le public. La musique s’énerve. Le corps de la jeune femme semble bouger de lui-même, animé par la mélodie, mû d’une volonté propre. Elle se cambre, son bassin ondule, sa tenue moulante ne cachant rien des formes voluptueuses de son corps. Sa chorégraphie est un appel vibrant à l’étreinte. La puissance de la voix du chanteur l’enveloppe, la caresse. La lumière évolue en même temps que sa danse, dévoilant certaines zones de son corps et mettant dans l’ombre d’autres. Gia aime ces moments où elle se sent seule avec la musique. Désirable et désirée. Mais menant la danse. Elle ne connaît personne dans cette salle, n’est attaché à aucun homme. C’est elle qui dirige et gère. Elle perçoit clairement les battements de cœur affolés des spectateurs, le sang qui bat dans leurs tempes et dans des zones de leurs corps beaucoup moins avouables. Les dernières notes meurent et Gia s’arrête en même temps qu’elles dans une pose lascive et offerte. Le silence se rompt soudain et la foule se lève en hurlant. Des roses tombent sur la scène. Elle salue. La lumière de la salle se rallume. Elle parcoure son regard sur la salle. C’est souvent ainsi qu’elle fait, adressant un signe de la main à un humain qui lui paraît plus appétissant que les autres, et l’invitant à la rejoindre dans sa loge.

    Mais ce soir… elle sent une présence. Une présence qui provoque une accélération brutale de son cœur. Il est là… Elle connaît cette sensation. Elle la reconnaîtrait entre milles. Où est-il. Son regard parcoure la salle, cherchant éperdument celui qui n’a jamais quitté ses pensées. Elle distingue vaguement une forme au fond de la salle. Elle sait que c’est lui. Mais elle ne parvient pas à distinguer son visage. Interdite, hagard, elle quitte la scène sans même désigner de victimes. Lorsqu’elle retourne dans les loges, elles sont désertes. Les filles sont rentrées chez elle, Gia était la dernière de la soirée. On peut voir des traces de sang, signe que les collègues ont eu des prises pour la soirée. Gia s’assoit, l’esprit brouillé. Que fait-il là ? Pourquoi est-il venu assister au show ? Est-il venu spécialement pour elle ou est-ce une coïncidence ? Non, elle ne croit pas aux coïncidences. Elle ressent un frisson délicieux à repenser à sa danse sous ses yeux. Elle secoue la tête. Elle s’était promis de ne pas l’approcher. Et il suffit de sa présence pour lui faire perdre ses esprits. Elle est pitoyable.

    Soudain, elle entend la porte s’ouvrir. Elle s’attend à ce que le gérant vienne la féliciter. Mais c’est le silence qui accompagne la fermeture de la porte. Gia relève la tête et regarde dans le miroir qui est face à elle. Sa gorge se serre et son cœur pourtant mort semble vouloir sortir de sa poitrine. Elle murmure :
    Tu… Tu es là ? Comment m’as-tu retrouvé ?
    Question stupide dont elle connaît déjà la réponse…

_________________

Gia S. Williams
On est les enfants oubliés de l’histoire mes amis, on n’a pas de but ni de vraie place ; on n’a pas de grande guerre, pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle, notre grande dépression, c’est nos vies. ► hellsangels.
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Adonis J. Redwood

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MessageSujet: Re: Quand Pygmalion rencontre sa créature [Adonis] Mer 24 Oct - 17:19

Les arbres tremblaient dans la nuit, le bruit de leur feuillage faisant vibrer la plaine d’une façon des plus mystiques. Les bruits de pas se faisaient de plus en plus forts, ils se rapprochaient de plus en plus. Malheureusement, il ne courait pas assez vite pour aller bien loin. Puis, il arriva là. Au beau milieu de cette vaste zone plane, presque vierge, si l’on oubliait l’herbe qui lui piquait ses pieds nus. Une fois arrivé au milieu de la plaine, il s’écroula à genoux, exténué. La femme qui le suivait depuis le début de sa course fut prise d’une soudaine panique.

-Lève-toi ! Ils vont…ils vont…

Sa voix était affolée, elle tenta de le saisir par l’épaule pour le faire continuer, mais c’était inutile. C’était elle qu’ils voulaient, après tout. Adonis regarda sa blessure à l’épaule, haletant bruyamment. Ses yeux se levèrent vers le visage masqué par les ténèbres de la fugitive. La panique lui prit les tripes, il ne pouvait rien faire, il était impuissant. Il se maudissait d’être aussi inutile dans un moment crucial comme celui-ci. Ses yeux lui brulaient, mais il se refusait à se laisser aller à ce genre de faiblesse.

-Cours, idiote ! C’est toi, leur cible !

Sa voix reflétait bien plus sa panique qu’il n’aurait voulu l’admettre. Elle se mit à courir, résignée, après lui avoir fait ses adieux. Seul dans la pénombre, le jeune homme regardait le sang suinter de sa blessure. Un courant d’air fit danser sa chevelure et l’air devint soudain glacial. C’était son heure, visiblement. Il pouvait sentir le souffle glacé de ses prédateurs lui parcourir l’échine. Il allait affronter son destin avec dignité, il n’allait pas donner à ces enfoirés de monstre la satisfaction qu’ils attendaient !

-Et bien et bien, petit cloporte. Tu pensais vraiment pouvoir nous échapper ?

Deux ongles aiguisés lui passèrent sur la peau du cou, lui laissant une entaille qui ne tarda pas à saigner, remontant jusqu’à sa joue, en passant par son menton. En face de lui, un blondin arrogant le dévorait du regard. Comme il pouvait haïr ce sentiment d’impuissance. Pestant contre lui-même, il défiait le grand blond du regard, il ne pouvait guère faire mieux. C’était incroyable qu’une espèce comme la sienne ne se soit pas encore faite exterminer ! Alors qu’il s’apprêtait à recevoir la mort de la main de ce grand décoloré, il vit apparaitre à sa droite un autre homme, plus petit. Sa main était prise dans la chevelure d’une femme qu’il avait ramenée avec lui, et Adonis sut instinctivement qu’elle était celle qu’il devait protéger.

-Après toi, mon fils.

-Saletés d’abominations ! Si vous touchez à un seul de ses cheveux, je vais vous…

Sa phrase n’était pas destinée à être terminée. Comme si cela n’avait été le geste que d’une seule et même personne, les deux vampires plantèrent leurs bras dans les poitrines de leurs deux proies. Les yeux d’Adonis se figèrent, écarquillés alors que l’homme en face de lui extirpait son cœur encore palpitant de son torse. Le jeune homme releva les yeux et son corps fut saisi d’une stupeur supplémentaire. A la place du visage du blond et de son père, il voyait désormais deux visages identiques. Un air on ne peut plus familier. Il se voyait lui-même, dévorant son cœur tout frais, des crocs tranchants comme des lames de rasoir brillants au clair de lune. Puis, il tomba au sol, alors que le décor tout autour s’assombrissait de plus en plus, se retrouvant nez à nez avec celle qu’il avait été incapable de protéger. La lumière nocturne lui éclaira le visage, et il sentit ses larmes couler sans qu’il ne puisse rien y faire. En voyant le regard vide et le filet de sang qui coulait de la bouche de cette magnifique brunette, il tenta de s’excuser, de dire quelque chose. Sa bouche le faisait souffrir et il manquait de s’étouffer avec tout le sang qui s’y trouvait. Au-dessus de lui, les deux vampires à son image rigolaient ouvertement, d’un son macabre et sombre. Petit à petit, ses yeux se fermaient.

-Gia !

Le couvercle du cercueil explosa en centaines de copeaux de bois qui s’envolèrent dans toute la pièce. Torse nu, Adonis souleva son corps d’une main pour se redresser, les crocs sortis. Qu’est-ce que ça avait bien pu être que ça ? Un cauchemar ? C’était stupide, bien évidemment. Il se passa une main sur le visage, avant de se relever et de sortir de son lieu de repos. En un clin d’œil, il se retrouva de l’autre côté de la pièce, en train de descendre l’une de ses meilleures bouteilles. Une jolie jeune vierge, timide, peureuse, farouche, mais également sauvage dans l’âme, il suffisait juste de lui donner de l’élan. Année 1700, il adorait les chiffres ronds. Une fois la bouteille vide, il l’envoya se fracasser contre un des murs du caveau, passant sa langue sur ses crocs saillants.

Quelque chose ne tournait pas rond. Rageur, il démolit la porte de la pièce d’un revers de la main avant d’en sortir. Il avait l’impression qu’un pivert lui picorait l’intérieur de la tête. Il passa la main dans ses cheveux avant de se saisir le crâne, pourquoi après tout ce temps, ça n’avait pas de sens ! Il savait pertinemment qu’il la retrouverait un jour…Mais pourquoi maintenant ? Peu importait qu’il ait un nouvel infant à son actif, il n’avait aucun doute quant au fait que ce lien qui lui enserrait le cerveau n’avait rien à voir avec celui d’Alissya. Allant à la fenêtre, le vampire se craqua la nuque et ferma les yeux. Où était-elle ? Il se concentra un moment. Ce n’était pas aussi loin qu’il ne l’aurait imaginé…Pas à Lafayette…Il rouvrit les yeux laissa ses rideaux s’agiter et sa maison grande ouverte. Il avait disparu en grinçant des dents, à la seconde où il avait compris.

-Shreveport…

Il allait aussi vite que possible, luttant contre la douleur qui lui martelait le crâne. Au bout d’un moment, il arriva devant l’endroit d’où émanait cette attraction irrésistible. Un coup d’œil à l’enseigne lui confirma ce qu’il craignait. Elle était dans ce vieux rade. Il tenta de se calmer malgré la douleur qui persistait et pénétra à l’intérieur du bâtiment .Sans se presser, il se prit une True Blood pour passer pour un bon vieux vampire bien sage et alla s’installer à une table au fond de la salle. Il la cherchait du regard, ce qu’il ressentait maintenant était tout simplement affreux. Il avait l’impression qu’elle était partout, tout autour de lui, et pourtant, il était incapable de la voir. Un humain tenta une approche, mais un simple regard de la part de l’être nocturne le fit reconsidérer la chose assez rapidement. Où était-elle ? Où ?

Puis, ce fut le début de la musique. D’un coup, il redressa la tête, juste au moment où la lumière se ralluma. Sa bouteille se brisa entre dans sa main qui s’était serrée d’un coup et tout son corps s’était tendu. Une veine rageuse jaillissait de son cou alors qu’il avait la mâchoire plus crispée que jamais. Peu importait combien elle était sublime sur scène, comment elle semblait faire corps avec la musique, il n’y prêtait aucune attention. La voir ainsi sur cette scène le mettait hors de lui. Que tous, vampires pitoyables, humains de bas étages et Dieu seul savait quoi d’autre la reluquent ainsi ouvertement, dans une situation si honteuse. L’image de son étrange rêve lui revint, l’image du blond qui lui avait planté son bras directement dans le poitrail. Elle osait se produire dans les locaux tenus par cette espèce de relique stupide ?! Celui-là même qui l’avait séparé de sa créatrice ?! Ses yeux s’injectèrent de sang alors qu’il se voyait faire voler la tête de toute l’assistance, les dépecer, un par un, leur arracher les entrailles pour leur faire manger, avant de gifler sa fille jusqu’à ce qu’elle comprenne à quel point c’était impardonnable ! Alors qu’il s’apprêtait à se lever, la musique se tût. La voyant partir, il sentit sa rage diminuer quelque peu. Retirant les bouts de verre encore plantés dans sa main, il la suivit sans un bruit, comme un courant d’air.

Il ouvrit la porte de sa loge, et la referma aussi sec. La voir ainsi fit redescendre sa colère d’autant plus. Pendant un instant, il sentit comme un vertige en voyant ses traits dans le miroir. Les formes de son corps qu’il connaissait toujours par cœur, sa chevelure qui retombait somptueusement sur son dos, la beauté de ses yeux. En un clin d’œil, il se retrouva derrière elle, les mains posées sur le dossier de sa chaise.

-Ne sois pas stupide. Toi et moi sommes qu’une seule et même personne.


Son ton était un peu plus cassant que ce qu’il aurait voulu, mais après sa performance, il avait du mal à se contenir. Son regard était sévère, lui aussi, et il ne savait pas vraiment comment prendre la chose.

-Tu es née dans la grandeur, Gia ! Comment...Sais-tu seulement ce que ça signifie ? Sais-tu à qui appartient cet endroit miteux ?! Penses-tu qu’il y a au moins une seule personne dans ce public de paysans attardés que je n’ai pas envie d’écorcher vif quand je sais que tu seras le sujet de ses pollutions nocturnes de la semaine ?! Penses-tu qu’un seul de ces imbéciles te mérite, qu’ils n’ont ne serait-ce que le droit de poser leurs yeux sur MA fille ?!

Il avait eu vraiment du mal à se contenir, c’était un fait.

-C’est pour te produire devant du bétail vêtu de cuir que tu t’es détournée de moi, Gia ?

En disant ça, sa voix s’était presque éteinte. Ses doigts, durs comme de la pierre sur sa chaise s’étaient détendus et il y avait plus de regret voire de déception que de haine dans cette question. Ses mains passèrent doucement sur les épaules de la vampire, l’une d’entre elle descendant le long de son bras tandis que l’autre remonta le long de sa nuque jusqu’à ce qu’il puisse la passer sur sa joue, se prenant à la caresser doucement, le regard braqué sur son reflet, dans le miroir. La douleur dans sa tête avait disparue.

-Pourquoi t’es-tu enfuie, mon amour ?
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Gia S. Williams

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MessageSujet: Re: Quand Pygmalion rencontre sa créature [Adonis] Mer 24 Oct - 22:45

    Le cœur battait à tout rompre. Elle n’avait pas pu se tromper. Non. C’était impossible. Ce lien était une chose qu’elle ne pouvait nier, même si elle avait choisi pendant si longtemps de l’ignorer. Le visage de son géniteur l’avait poursuivi, elle ne parvenait pas à l’oublier, à l’effacer de sa mémoire. Le voulait-elle réellement ? Rien n’était moins sûr. Elle l’aimait, c’était une réalité qu’elle ne pouvait fuir. Et pourtant, l’amour lui était interdit. Du moins, le pensait-elle. Elle s’en était persuadée. La haine… Elle avait construit son univers, lui avait appris à manger, boire, respirer. Elle pensait mourir de toute cette haine dans les veines. Et puis, quelque chose était survenu. Une chose qui avait brisé son univers de rancœur et de suspicion. L’arrivée d’Adonis dans ce bar avait été le jour où elle était véritablement revenue à la vie. Ni plus, ni moins. Il l’avait sorti de cette infamie, de cette condition bassement mortelle. Elle avait eu une bien piètre façon de le remercier… Mais il ne comprenait pas. Il ne pouvait comprendre. Elle s’était jurée que plus jamais on ne l’y reprendrait. Il ne faut jamais dire fontaine, je ne boirai plus de ton eau.

    Gia se tenait devant sa causeuse, perdue, le cœur battant, la gorge serrée. Elle n’avait nul besoin de regarder autour d’elle pour savoir qu’il était là. Et qu’il se rapprochait. Elle ne pouvait pas savoir l’endroit exact où il était, mais c’était comme une pression qui se rapprochait, un sentiment d’excitation qui se saisissait d’elle. Elle qui craignait de s’attacher s’était retrouvée pieds et poings liés par un fil plus solide qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Elle lui en avait voulu pour cela, en partie. Pour ne pas l’avoir prévenu de l’étrangeté et de la force de ce lien. Elle ne voulait plus souffrir, elle ne voulait plus aimer pour être abandonner en retour. Et pourtant, son cœur saignait lorsqu’elle était loin d’Adonis. Il s’était emparé de sa vie en même temps que son cœur. Elle soupira. Le bruit derrière elle la fit redresser la tête. La seule question qui lui vient en tête est une question stupide. Elle sait pertinemment comment il l’a retrouvé. Simplement en suivant son cœur. Ce qu’elle a fait lorsqu’elle est venue aux Etats-Unis. La distance était beaucoup trop insupportable sur le Vieux Continent.

    Elle connaît bien Adonis. Elle sait qu’il n’aimera pas ce qu’il découvrira ici. Et les traits de son visage qu’elle connaît par cœur confirment ce qu’elle imagine. Il est furieux de la trouver ainsi, à danser pour des êtres inférieurs. Gia n’imagine pas les contentieux qu’Adonis entretient avec le patron du club. Elle baisse la tête, comme une gamine prise en faute. Elle n’est pas fière de ce qu’elle fait, mais elle ne sait rien faire d’autre. Il faut bien qu’elle vive. Elle a fait le choix de s’éloigner de la douceur réconfortante de son père, il a bien fallu qu’elle se débrouille. Ses pensées s’égarent encore une fraction de seconde sur la danse qu’elle vient de faire, partagée entre le frisson du regard de son père coulant sur son corps et la honte qu’il l’ait surpris en pareille posture. Adonis se trouve à présent derrière elle, les mains délicatement posées sur le dossier de sa chaise. Gia sent sa présence et son corps brûle de se coller contre celui du jeune homme. Elle se tempère et tente de rester sur sa sage décision.

    La voix du vampire est froide et sa réponse à la question bête de sa protégée est sans appel. Gia hoche la tête. Oui, elle le sait. Ils ne sont qu’une seule et même personne. Unis par un lien indestructible. Le regard sévère de son père la fait frémir. Il est en colère, elle le sent. Et pourtant, elle relève la tête en un geste de bravade enfantine. Non, elle ne doit pas avoir honte de ce qu’elle fait. Certes, ce n’est pas comme ça qu’elle a été élevée mais elle fait ce qu’elle peut pour survivre. Et puis, ce public est également sa réserve de nourriture, facile à appâter et à tuer dans l’ombre. Si son père savait les dégâts qu’elle a faits, il serait sûrement fier d’elle. Mais Gia n’a guère le temps de lui exposer ses exploits. Ce dernier prend la parole, lui rappelant qu’elle est née dans la grandeur et qu’elle ne vit plus que dans la déchéance. La colère fait vibrer la voix d’Adonis et la jeune femme reste muette, attendant que la tempête se calme. Sa voix s’arrête et reprend soudain, beaucoup plus douce, une peine sourde transparaît qui brise le cœur de Gia. Elle l’a déçu, elle le sait. Terriblement déçu, sûrement. Et elle s’en veut pour ça. Elle tourne la tête, contemplant le mur. Elle aimerait lui expliquer du mieux possible. Elle ne lui a jamais vraiment parlé de sa vie. Elle ne lui a jamais vraiment dit la souffrance qu’elle a vécue lorsqu’elle était humaine. Ce serait peut-être le moment. Mais elle ne sait par quoi commencer. Comment lui faire comprendre. Elle l’a déjà blessé et elle ne veut pas recommencer. Alors qu’elle cherchait ses mots pour être la plus claire possible, elle sentit le contact des mains du vampire glisser sur ses épaules. Tout son corps se détendit à ce contact qui créa un doux frisson le long de sa colonne vertébrale. Une main glissa le long de son bras alors que l’autre se nicha sur sa nuque et caressa sa joue. La caresse était un délicieux tourment, une souffrance et un plaisir intense. Gia sentait dans ce contact qu’elle était perdue, irrémédiablement. Elle lui appartenait, qu’elle le veuille ou non, qu’elle le craigne ou non. S’abandonner, n’était-il pas la meilleure chose à faire ?

    Tout son corps lui criait de se coller à ce vampire. Une simple caresse de la part d’Adonis et elle serait prête à perdre le semblant de vie qui lui restait. Elle ferma les yeux, tentant de calmer les battements affolés de son cœur qui hurlait ce que ses lèvres ne parvenaient pas à articuler. La question qu’il lui posa lui serra le cœur. Et les deux derniers mots achevèrent de la décider à parler. Lentement, avec hésitation, elle commença à parler. Sa voix était frêle et douce.

    Je… Je suis désolée, Adonis. Il y a des choses sur moi que tu ignores. Durant ma vie de mortelle, j’ai… J’ai aimé un homme, follement. Une fois. Cet homme était tout, mon soleil, ma joie, mon avenir. Je savais que je passerai le restant de ma vie à ses côtés, que je vieillirais avec lui. Et cela me convenait, c’était ce que j’avais toujours voulu. Un grand amour éternel. Qui ne le voudrait pas ?

    Elle eut un rire triste puis elle reprit. Sa main serra celle d’Adonis doucement.

    Tout se passait bien et puis, un soir…. Je suis rentrée chez moi et il était dans les bras d’une autre. Je suis partie, j’ai fui. Et je me suis jurée de ne plus jamais aimé quiconque, de ne plus jamais m’attacher à des êtres que je serai condamnée à perdre, d’une façon ou d’une autre.

    La main de Gia caressa doucement le dos de celle d’Adonis, si belle, si fine.

    Et puis, un jour que je travaillais dans ce bar, tu es entré. Tu m’as intrigué, nous avons parlé et tu connais la suite. Je ne voulais plus de cette vie misérable et vile. Et tu m’as sauvé. Tu m’as réveillé. Tu m’as appris tout ce que je sais aujourd’hui. Je te dois énormément. Mais je… J’ai senti que ce lien, dont tu ne m’avais pas parlé, était ce que je redoutais le plus. L’attachement. Cet attachement que j'avais évité. Alors, quand je me suis aperçu que ce que je ressentais était trop… puissant, j’ai fui, encore et toujours.

    Gia se leva, restant proche d’Adonis et lui fit face, contemplant ce visage si beau, qui avait hanté ses rêves. Elle tendit la main et caressa les courbes de ses joues, effleurant ses lèvres de son pouce.

    J’ai vécu des années en Europe. Et comme je ne savais rien faire d’autre, j’ai travaillé ainsi. Je pouvais avoir les proies que je désirai, en abondance. Les humains mâles sont stupides et gouvernés par leurs hormones. Mais j’ai ressenti un jour une douleur trop forte et je suis venue aux Etats-Unis. Cela fait quelques temps que je travaille ici.

    Elle resta un moment silencieuse, contemplant encore et encore ce visage, ces yeux, ces lèvres si sensuelles. L’émotion lui soulevait le cœur et des larmes perlaient à ses yeux.

    Je suis désolée de t’avoir déçue… Tellement désolée… Je ne voulais pas te perdre, je sais c’est stupide mais…. Je ne voulais pas, c’est tout. Je suis si contente que tu sois là…

    Elle parcourut encore de ses doigts les joues d’Adonis, mourant d’envie de poser ses lèvres sur les siennes mais attendant que son géniteur prenne l’initiative de lui pardonner ou non.


[hj : je ne pouvais pas partir jusqu'à lundi sans te répondre d'abord ^^ A lundi !]

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Gia S. Williams
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MessageSujet: Re: Quand Pygmalion rencontre sa créature [Adonis]

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Quand Pygmalion rencontre sa créature [Adonis]

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