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L'histoire de Bon Temps reste à écrire ...

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 « Se jeter de nouveau dans la gueule du loup … de la stupidité. » - Aindreas & Anaelle

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Aindreas O'Connell

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MessageSujet: « Se jeter de nouveau dans la gueule du loup … de la stupidité. » - Aindreas & Anaelle Jeu 23 Aoû - 15:05

Aindreas & Anaelle
« Se jeter dans la gueule du loup … de la stupidité. »




Une infusion de préparée, des petits gâteaux mis à disposition, des coussins et une couverture chaude apportés, la télévision allumée, Maxine avait tout ce qu’il lui fallait pour survivre à cette nuit de rhume. Papa-poule très certainement sur-joué mais j’avais des projets pour ce soir et ne pouvais me permettre de les repousser pour jouer la baby-sitter. Sous son air bougon il était clair que Maxine était ravie de ce revirement de situation, de l’intérêt que je lui portais. Au moins une chose était sûre : elle n’allait pas tenter le diable cette nuit pour sortir en douce et s’adonner à son loisir favori : espionner la meute de Shreveport. Je pouvais partir tranquille et tant pis si la Linbh (1) n’était pas ravie de cette idée. « Tiens-toi un peu tranquille. Je rentrerai avant le lever du soleil. » La rassurer sur le fait qu’elle me verrait un peu était important, Maxine était du genre solitaire mais je savais à quel point ma présence la rassurait, même si nous ne faisions que rester dans la même pièce sans échanger le moindre mot.

Il n’était pas loin de vingt-deux heures lorsque je quittai notre petite maison louée pour les semaines à venir – ou plus en prenant en considération la dispute que j’avais eue quelques jours plus tôt avec Maxine. La nuit était bien ancrée dans le ciel et, lentement, la vie humaine laissa place à celle des surnaturels. Shreveport est une ville très animée le soir et je n’étais jamais choqué de rencontrer autant de vampires au kilomètre. C’était une sorte de QG pour eux, surtout qu’il existait dans cette ville un lieu complètement sensationnel pour les suceurs de sang. En effet, boire du sang humain n’était pas réellement autorisé par notre autorité – qui désirait plus que tout intégrer la race vampirique à celle des humains – mais dans ce lieu, le Fangtasia, les humains s’offraient en toute conscience aux vampires clients. Ce lieu me répugnait complètement mais il était certain que j’allais trouver à cet endroit une victime parfaite. En réalité elle était déjà toute trouvée. Maxence, un vampire depuis cinquante ans, diaboliquement affreux avec les humains, les souillant et les manipulant comme des pantins pour assouvir les moindres de ses désirs. Cela faisait quelques mois que j’étais sur sa trace, il était d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je nous avais fait parcourir la Louisiane. J’avais relevé son habitude de fréquenter le Fangtasia, sauf que lui ne se limitait pas, comme tous les autres clients, à quelques gorgées « innocentes ». J’avais retrouvé plusieurs corps de ses victimes dans des endroits stratégiquement choisis. Il devait songer qu’il commettait ses actions en toute impunité, mais malheureusement pour lui je savais tout. Ce soir allait être son dernier.

Il n’y avait pas encore foule, mais le son qui émanait de la pièce lorsque les portes extérieures s’ouvraient laissait songer qu’il y avait déjà une bonne ambiance. Je ne connaissais pas un seul humain travaillant avec la bande, sauf cette Ginger qui avait fini complètement abrutie par les hypnoses à répétitions. Elle était l’exemple qui me refroidissait lorsque je souhaitais user de mon pouvoir hypnotique sur Maxine, je ne voulais pas de ça pour elle.

Je me présentai devant la porte, affichant mon air le plus décontracté, souriant presque aux deux vampires qui s’occupaient de la sécurité : deux grands balèze peu aimables. Ils me laissèrent pourtant passer sans aucun souci, à croire que j’avais « la bonne tête ». La musique était forte, il fallait s’approcher de l’oreille de son interlocuteur pour se faire entendre, mais l’atmosphère en elle-même n’était pas si terrible. Le noir et le rouge était les couleurs prédominantes du lieu. Il y avait deux scènes qui se faisaient faces : sur chacune d’elle était posé un fauteuil imposant et une barre de striptease. C’était les deux patrons qui avaient leur place ici. Au centre des deux scènes il y avait une petite piste de danse et au fond de la salle un immense bar où l’on servait de tout, surtout du True Blood. De nombreuses tables, aux sièges moelleux et confortables, étaient disposées un peu partout, accueillant vampires et humains. Jusqu’ici je n’avais croisé aucun loup.

D’une démarche naturelle, je m’approchai du bar. « O négatif. » En quelques secondes j’étais servi. Je me mis à boire ce sang de synthèse, laissant couler le liquide chaud le long de ma gorge. Quelques jeunes filles indécemment habillées vinrent à ma rencontre, priant presque pour que je leur plante mes crocs dans la gorge (ou autre part). Mais décidément non, je ne pouvais m’y résoudre. Je m’apprêtais à boire une nouvelle gorgée quand mes yeux se posèrent sur un visage que par trop familier. J’avais croisé la route de cette jeune femme pas plus tard que deux jours auparavant. Effectivement elle s’était trouvée en difficultés avec un vampire qui avait été jusqu’à lui planter ses crocs. Je m’étais débarrassé de cet odieux personnage et avant été obligé de la nourrir de mon propre sang pour qu’elle ne succombe pas à ses blessures graves. Peu désireux d’avoir la figure d’un héros, je l’avais hypnotisé, lui laissant croire qu’elle avait réussi à s’en sortir seule, que le vampire n’avait pas eu le temps de s’abreuver de son sang et qu’il était parti.

La colère monta en moi quand un vampire un peu trop ambitieux s’approcha d’elle, de mauvaises pensées à son sujet. Sans attendre, je laissai ma bouteille tomber sur le bar et me saisis du bras de celle-ci, sortant mes crocs et envoyant d’un air menaçant au vampire « Je l’ai vu avant toi. » Peu convaincant pour quelqu’un qui me connaitrait bien, mais pour cet inconnu il n’y avait aucun doute à avoir : j’avais des vues sur le sang de cette humaine et ne désirais pas partager. « Dégage. » Et sans attendre, j’entrainais rapidement la jolie blonde au dehors, la plaquant contre un mur à l’abri des regards. « Attirer accidentellement l’attention d’un vampire c’est une chose, mais se jeter une nouvelle fois dans la gueule du loup ça relève simplement de la stupidité. Ne jouez pas avec un vampire, vous allez y laisser la vie tôt ou tard, croyez-moi. » Lui avais-je dit d’un ton froid et dur.



Traduction(s) → Rappelons qu'Aindreas est irlandais et qu'il n'a pas perdu l'usage de sa langue natale.

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Anaelle I. Ravens

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MessageSujet: Re: « Se jeter de nouveau dans la gueule du loup … de la stupidité. » - Aindreas & Anaelle Jeu 23 Aoû - 17:59


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Assise sur mon fauteuil, je me frotte les yeux et remet en place mes quelques mèches de cheveux rebelles. Couchée tard hier soir à cause de mes énièmes recherches sur les vampires, j'ai profité de mon après-midi pour une petite sieste. Mais mon répit fut de courte durée car aussitôt que je ferme les yeux, il réapparaît soudainement, ne voulant plus quitter mon rêve, jusqu'à ce que mes paupières daignent se rouvrir. Il m'emmène chaque fois dans un univers que je connais pas, et qu'il me tarde de redécouvrir de nouveau. Au commencement, cela était délicieux. C'est vrai, tout le monde n'a pas la chance de rêver d'un bel homme à chacun de ses rêves sans exception. Mais maintenant, je suis lassée et épuisée car je ne supporte plus de le voir disparaître à chaque nouvel tentative d'interrogatoire. Tout est très flou concernant notre rencontre, et je ne me souviens que très peu de détails, mais il était là lorsque je me suis faite attaquée. Pourquoi y était-il ? Et pourquoi ne m'a t-il pas tuée ? Suivi d'une très longue liste, que je dois à tout prix éclaircir.

Je fronce les sourcils et jette la tête entre mes genoux, fatiguée de me remplir la tête d'autant de questions. Péniblement, je me dirige vers la cuisine et me fait un thé au caramel, péché mignon. Ma soirée risque d'être ennuyante; après mon somme, je ne suis pas prête de redormir. Une fois mon thé à la main, j'ouvre la porte grinçante de l'atelier de mon défunt frère et descend les petits escaliers. L'ambiance de cette pièce est très différente de toutes celles de la maison, comme si les esprits des vampires régnaient. Froide, lugubre et macabre à cause des affaires de mon frère que je n'ai pas touchées dans un coin précis de la pièce, comme s'il était toujours avec moi.
Que pourrais-je donc faire ce soir ? Aller à la bibliothèque, faire (encore) des recherches sur un sujet précis que je n'ai pas encore choisi, rester ici devant un bon vieux film et un paquet de pop corn chaud ? Mais tout cela est tellement fade. Je sais que j'ai acquis certaines compétences et que je suis un dictionnaire vivant concernant les vampires et je sais pertinemment que je me mets souvent en danger pour en savoir plus. Mais la tentation est trop forte. Et c'est une sensation très particulière que je retrouve à chaque fois que je sens le danger approcher. La même que lorsque j'écoutais mon frère me raconter ses histoires, comme si j'y étais. Elle m'est familière et même si je risque ma vie, elle me fait du bien. Une sorte d'adrénaline au fond du ventre et des frissons me glaçant le sang. Justement.
Tout en réfléchissant, je pose les yeux sur une carte enfouie sous plusieurs livres. Je la sors et la regarde plus attentivement une fois que j'ai repéré de quoi il s'agissait. Le Fangtasia. Véritable nid à vampires, c'est là que les humains se rendent également pour se faire boire le sang, ce qui me semble-t il est assez illégal. Je connais la réputation de cet endroit et pour y être passée plusieurs fois devant, j'avoue que ca me fait froid dans le dos. Mais c'est en même temps une véritable source d'informations. Au risque de me faire vider.
J'expire fortement, ne sachant que faire et détourne la tête tout en buvant mon thé bien chaud quand mes yeux tombèrent sur un objet précis. Son médaillon, celui-là même que le vampire assassin tenait dans ses mains avant de se jeter sur moi. Le fixant quelques secondes, je suis soudain prise d'une force inconnue. Je le saisis, et remonte vite pour me diriger vers la salle de bains.

Après une douche bien chaude, qui m'aura fait hésiter environ 20 fois sur mon activité de ce soir, en ayant fait le jeu du "j'y vais, j'y vais pas" ainsi que le pile ou face, ma décision est prise : je me rendrai ce soir au Fangtasia. Habillée, je redescend une dernière fois dans l'atelier et saisit un petit pieu en bois que je cache dans ma poche et passe le collier autour de mon cou que je cache également en dessous de mon tee shirt.

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Devant, presque pas de monde. Je me demande si je suis bien au bon endroit. Le nom écrit en gros caractères me le confirme. Hésitante, j'observe autour de moi. Je remarque immédiatement qui sont les vampires et qui sont les humains. Leurs airs hautains et assurés ne font que diminuer la confiance en moi; mais je ne suis pas du genre à faire demi-tour, et je me souviens toujours du jour où j'ai osé faire face au vampire comme mon frère. J'avance lentement vers l'entrée et sans me poser de questions, les deux videurs qui doivent faire 4 fois ma taille me laissent entrer.

Effectivement, l'ambiance à l'intérieur n'a rien à voir avec l'extérieur. L'obscurité me fait plisser un peu les yeux. Celle-ci se renforce par les néons rouge qui se reflètent sur moi. A première vue, je me croirais dans une boîte de striptease, endroit que je ne fréquente absolument pas. Je n'en suis pas loin puisque je distingue au centre plusieurs barres à cet effet. Génial, des filles qui se trémoussent...

Faisant quelques pas en avant et essayant de capter le plus de détails possibles en quelques secondes, je ne vis pas un vampire s'approcher de moi. Il me fit peur dans un premier temps, plongeant ma main dans ma poche prête à sortir le pieu. Meilleur moyen de passer inaperçue me direz-vous. S'approchant de plus en plus de moi, je m'apprête à lui sortir une phrase que je viens de construire et déconstruire une trentaine de fois voulant dire la même chose au final : Casse-toi; lorsqu'une main ferme et plus grande que la mienne m'empoigne brutalement. Il était dans une sorte de contraste lumineux, vêtu de noir, qui me cachait donc son visage. "Je l’ai vu avant toi". Ma respiration s'accéléra, et je fermai les yeux en essayant de me demander lequel est finalement le mieux : celui qui n'a rien dit, et qui ne voulait peut être pas boire de mon sang ou celui qui me tenait fermement et dont je ne pouvais me sauver, apparemment plus menaçant que le deuxième ? "Dégage". Toujours en fermant les yeux, je suppliai presque intérieurement l'autre de revenir. Je m'attendais à recevoir deux crocs bien pointus dans ceux déjà implantés dans le creux de mon cou lorsque je fus soudainement sortie dehors et plaquée contre un mur en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Quitte à ce qu'il me vide, je ne souhaitais surtout pas voir son visage, j'étais déjà assez hantée par un être pour en avoir un de plus, un peu moins plaisant. J'attendis quelques secondes et ouvrit légèrement un œil lorsque je m'aperçus qu'il ne m'avait toujours pas mordue. "Attirer accidentellement l’attention d’un vampire c’est une chose, mais se jeter une nouvelle fois dans la gueule du loup ça relève simplement de la stupidité. Ne jouez pas avec un vampire, vous allez y laisser la vie tôt ou tard, croyez-moi. "

Cette voix....m'était totalement familière. J'ouvre alors les yeux lentement et le visage de mon interlocuteur se révèle à moi. Une immensité de sentiments me traversent alors et je ne contrôle alors plus rien. C'était lui, il était à quelques centimètres de moi, l'homme qui hantait mes rêves. Tout en ayant bien assimilé ce qu'il venait de me dire, ce que je trouve très juste, je le regarde dans les yeux. " C'est vous....." lui dis-je dans un souffle. Son bras bloquait toujours mon corps et nous sommes restés plusieurs minutes à se dévisager. Je ne pouvais absolument pas deviner ce qu'il pouvait ressentir à ce moment là ni ce qu'il comptait faire de moi mais il était hors de question que je le laisse partir. Agitant mes mains dans tous les sens au dessus de son bras fermement posé sur ma poitrine, j'ouvre grand les yeux et parle à une vitesse folle. "J'ai des milliers de questions à vous poser...si vous saviez...je n'arrête pas de penser à vous....vous êtes partout". Ma phrase s'était terminée tout simplement car je n'avais plus de souffle. Lui, qui n'avait toujours rien dit, me regardait d'un air légèrement agacé. Mais il m'obsédait depuis deux jours entiers, ce qu'il ignorait certainement.


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MessageSujet: Re: « Se jeter de nouveau dans la gueule du loup … de la stupidité. » - Aindreas & Anaelle Ven 24 Aoû - 14:43

Le but premier de mon hypnose, pratiquée sur l’humaine deux jours auparavant, était de ne pas me faire passer pour le héros, le sauveur. Une réaction se manifestait quasiment instinctivement lorsqu’une personne était sauvée par une autre. Un lien quelque peu étrange s’installait, parfois contre la volonté de tous, forçant la personne sauvée à adorer son sauveur, à ressentir une profonde gratitude masquant la véritable nature des sentiments. Je ne voulais pas de ça. Je voyais bien ce que ça avait donné avec Maxine, ma liberté avait fini par m’être prise, même si je ne m’en plaignais plus tant que ça, sa présence étant devenue une habitude. Mais les faits étaient bien différents entre Maxine que j’avais sauvé durant sa jeunesse, et cette femme qui n’avait fait qu’être imprudente.

Tout tombait à l’eau à présent, même si elle n’allait pas se rappeler avec exactitude des évènements passés, son imprudence du jour-même venait de griller ma couverture. Et ses dires ne firent que confirmer mes craintes. Son visage figé dans l’horreur et la peur se transforma en une expression d’incrédulité totale lorsqu’elle ouvrit les yeux. «C'est vous... » Dit-elle simplement dans un souffle. Mon regard ne changea cependant pas. Celui-ci restait glacé, ne trahissant pas la moindre émotion, et pourtant… La première fois que j’avais rencontré la jeune femme, j’avais été complètement ensorcelé par l’odeur de son sang si tentante. J’avais dû faire un immense travail sur moi-même pour ne pas succomber à la tentation et planter mes crocs là où le vampire meurtrier l’avait fait quelques secondes avant. Heureusement, mon sang lui avait permis de refermer ses blessures rapidement et ainsi stopper l’hémorragie. Aujourd’hui tout était pire et pour cause, non seulement son sang sentait toujours aussi bon et manquait à chaque instant de non contrôle de m’en faire sortir les crocs, mais en plus il y avait bien pire, une addition à l’équation qui donnait un résultat terrible. Le réverbère positionné derrière moi illuminait parfaitement son visage, me révélant sa beauté des plus extraordinaires. Son teint était pâle mais loin d’être maladif. Ses grands yeux de biches étaient d’un bleu profonds, sa bouche naturellement colorée présentait des lèvres pleines et légèrement plus foncées que la normale. Ses joues s’étaient colorées d’un rose « lolipop » sous l’émotion et lui donnait un air tout à fait désirable.

Ses mouvements de bras pour se dégager de mon emprise me ramenèrent à la réalité. « J'ai des milliers de questions à vous poser...si vous saviez...je n'arrête pas de penser à vous....vous êtes partout. » Dit-elle d’une seule traite. Evidemment. Horrible répercussion du sang d’un vampire présent dans l’organisme d’un être humain. Je me souvenais des effets que cela produisait lorsqu’Agnès me nourrissait de son sang – à mon insu – et m’hypnotisait pas la suite pour me faire oublier. Mes nuits et mes rêves étaient hantés par son visage, par son corps si désirable et nous nous trouvions à chaque fois dans des situations où seul le désir charnel avait place. J’avais compris cela une fois moi-même transformé, lorsque par ma nouvelle nature toutes ses hypnoses s’étaient envolées. La situation aurait pu être gênante si je n’avais pas été habitué à être un objet de désirs et de fantasmes d’une quantité de femmes – humaines ou non. Un sourire de satisfaction s’étira malgré moi sur mes lèvres cependant que je prenais conscience de la situation.

J’enlevais mon bras qui barrait sa poitrine et m’excusa. « Vous n’avez pas de mal ? » M’enquis-je dans un ton trop peu convaincant. Un coup d’œil à gauche et à droite m’indiqua que la population commençait réellement à affluer. Vampires et humains étaient mélangés mais l’un et l’autre devait parfaitement faire la différence entre ma nature et celle de la jeune femme se trouvant à une proximité bien intime de moi. Différents tableaux devaient se dessiner dans leurs esprits, mais une chose était sûre, ils menaient tous à la même chose : un vampire accompagné d’une humaine en ce lieu ne voulait dire qu’une chose : il s’abreuve de son sang. Chose normalement interdite. Personne n’avait intérêt à se faire surprendre par l’autorité dans une rue en train de profiter de cet élixir de vie au risque d’y perdre son éternité.

L’espace d’un instant la solution de l’hypnose me sembla la meilleure, mais c’était trop facile et pas très poli. Moi qui avait été abusé tant de fois par ce phénomène je pouvais comprendre ce que cela faisait. Je me rétractai donc et décidai de lui accorder un peu de mon temps, histoire de mettre les choses au clair, ensuite tout serait fini. « D’accord. Mais pas ici. » Dans un geste le plus naturel possible, je passai mon bras autour de ses épaules et l’attirai vers moi pour l’entraîner loin très loin de ce lieu maudit. Un bistrot était ouvert pas très loin de là. Je lui ouvris la porte galamment et demandai une table « discrète » donnant un gros pourboire au placeur. « Monsieur O’Connell, j’ai ce qu’il vous faut ! ».

C’est ainsi que nous nous trouvions attablés en hauteur dans un coin reculé du bistrot où personne ne viendrait nous déranger. « Très bien. Je suis toute ouïe. » Dis-je simplement dans un ton neutre.


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MessageSujet: Re: « Se jeter de nouveau dans la gueule du loup … de la stupidité. » - Aindreas & Anaelle Lun 27 Aoû - 20:04

Mes yeux s'habituèrent rapidement à l'obscurité ambiante et il se révélait à moi au fur et à mesure que je le regardais. Je distinguais parfaitement tous les traits de son visage, que je connaissais presque par coeur, pour les avoir vu bon nombre de fois dans mes rêves, malgré que notre rencontre ne remonte qu'à trois jours. Ses yeux noirs qui me fixaient intensément réveillaient des choses en moi dont je ne soupçonnais même pas l'existence. L'imaginaire devenait réel et j'en étais bouleversée. Avec ma réaction, je suis certainement passée pour la parfaite idiote, autant dans mes gestes que dans mes actes.
Nous étions à une proximité dangereuse, voire très dangereuse et je ne savais absolument pas quelles étaient ses réelles intentions. Je ne le connais pas, et personne ne me dit qu'il n'est pas capable de me planter ses crocs d'un moment à un autre. Je m'imagine une sorte de protecteur, alors qu'il a peut être tué l'autre juste pour que je devienne sa proie. Et qu'il aime juste les travailler un peu avant. Un tas de scénarios défilait dans ma tête en même temps que je le regardais intensément. L'ambiance entre nous était des plus étranges, et j'obstruais complètement le fait qu'à deux pas de moi, il y avait plusieurs vampires en train de vider leurs humains choisis.

Malgré le fait que je l'ai reconnu, il resta impassible. Je pensais pourtant déclencher chez lui plusieurs émotions....

* De quoi parles-tu donc Anaelle ? Des émotions chez un vampire ? Toi qui sais tout d'eux, ou presque à ce que je vois, comment peux-tu déduire une chose pareille ? *

Mais celui-ci était différent. De par une chose que je ne pourrai expliquer mais il était différent, j'en étais certaine. Cela se confirma lorsque je lui débita mon flot de questions à propos de mes rêves et de sa place au sein d'eux. Je vis un sourire se dessiner, de satisfaction, et quel beau sourire. Un sourire envoûtant, qui pouvait signifier à peu près cinquante choses différentes.
Juste après, son bras appuyé sur ma poitrine se retira. " Vous n'avez pas de mal ? " Son bras viril et chaud disparu, je me senti alors presque nue et la petite brise de vent froid se fit ressentir alors. Un peu surprise par cet effet, je mis quelques secondes avant de lui répondre. " Non....Pour l'instant" répondis-je en lui souriant timidement. Pour le moment, il n'avait toujours pas répondu aux phrases lancées plus tôt et je me demandais s'il comptait y répondre ou me laisser en plan ici. Ma confirmation ne se fit pas attendre et j'esquissa un petit sourire quand sa bouche s'ouvrit pour y sortir quelques mots positifs. "D'accord. Mais pas ici.".

Soudain, je sentis ce même bras chaud (contradiction déconcertante pour un vampire) se poser sur mon épaule. Il m'attira alors vers lui et ma joue vint se poser sur le haut de son torse tandis que nous marchions pour quitter cet endroit que je trouvais plutôt infâme. Il était clairement certain que je ne souhaitais être à aucun autre endroit au monde à cet instant précis et toutes mes pensées et mes convictions sur les vampires furent totalement bouleversées. Il en était un et il se trouvait au Fangtasia ce soir, ce qui prouve bien qu'il boit du sang sans aucune pitié pour nous humains...pourquoi cela serait-il différent avec moi ? Il nous conduisit rapidement vers un bistro plus tranquille que l'endroit où nous nous trouvions quelques instants auparavant.

Mon bel accompagnateur m'ouvrit la porte. Je m'empressai de rentrer tout en lui glissant un petit sourire non moins rassuré. L'ambiance était un peu moins glaciale malgré que je ne me sente pas en sécurité. Un petit nombre de personnes était quand même à l'intérieur et je n'arrivais pas à différencier les vampires des humains. Mais peu importait, j'en avais déjà un à m'occuper. Le beau vampire s'occupa de nous trouver un endroit tranquille et je le vis remettre discrètement quelques billets au serveur. Hé bien, quelle galanterie, je dois avouer que je ne m'attendais pas à tant.
Ou peut-être est-ce juste un endroit tranquille pour me tuer au cas où je parle trop, ce qui est entre nous, beaucoup plus crédible comme hypothèse.
Après avoir monté les quelques marches, je m'assis délicatement sur la chaise et croisai les bras sur la table.
" Très bien. Je suis toute ouïe."
. Je le regardai intensément et sortit de dessous mon tee-shirt le pendentif de mon frère. Tout en le regardant, je lui tendis le bijou toujours attaché à mon cou.
" Je ne veux pas que vous me preniez pour la dernière des imbéciles. Je n'ai pas pour habitude de me promener la nuit seule dans la forêt si c'est la pensée que vous avez eu quand vous m'avez trouvée. "

Mes yeux suspicieux s'arrêtèrent sur les siens, et j'y vis de la surprise. Par rapport à l'assurance que je venais de prendre pour lui parler très certainement.
" Ce pendentif appartient à mon frère. C'est la seule chose qu'il me reste de lui après qu'il se soit fait attaqué par le vampire que vous avez vu mort. Je voulais juste la vengeance. Maintenant que vous savez pourquoi j'étais là-bas, je voudrais savoir à mon tour pourquoi vous vous étiez là, et surtout pourquoi je ne cesse de penser à vous depuis que je vous ai rencontré, ou mieux encore, comment se fait-il que je vous croise ici ce soir ?"
Il a fallu qu'il accumule beaucoup d'informations en une minute et il en paraissait septique. Après avoir pour la deuxième fois de la soirée débité mon monologue, je repris mon souffle et le laissa s'expliquer.


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MessageSujet: Re: « Se jeter de nouveau dans la gueule du loup … de la stupidité. » - Aindreas & Anaelle Mer 29 Aoû - 12:14

La jeune femme avait pris place à table, face à moi et me regardait les bras croisés sur celle-ci. Je l’invitais à me poser ses questions, raison pour laquelle nous nous trouvions ici. Le bistrot n’était pas plein, mais le brouhaha était assez dense à cause de la petite taille de la pièce. C’est pour cela que je l’avais choisi. Quitte à parler vampires, autant que ce soit dans un endroit où il n’y a pas d’oreilles curieuses qui trainent. J’avais redoublé de vigilance en demandant la table la plus « intime » du bar.

Elle sortit de sous son tee-shirt un pendentif représentant un signe chinois. Elle me tendit ledit pendentif, toujours attaché à son cou, et me donna quelques explications. « Je ne veux pas que vous me preniez pour la dernière des imbéciles. Je n'ai pas pour habitude de me promener la nuit seule dans la forêt si c'est la pensée que vous avez eu quand vous m'avez trouvée. » Et c’est pourtant l’impression qu’elle m’avait donné effectivement. La justification d’un tel comportement cachait-il quelque chose ? Un malaise ? Un désir profond de bien paraitre ? Très humain tout ça. J’aurais bien voulu la croire, simplement cette petite virée nocturne en forêt s’était additionnée à cette visite au Fangtasia, lieu très connu pour l’affluence de la race vampirique et de ce qui y était pratiqué, même si ce n’était que des rumeurs. « Permettez-moi d’en douter. Vous n’étiez pas là par hasard ce soir, vous ne me ferez pas avaler le contraire. »

Son regard azur était plongé dans le mien, avec toute la sincérité du monde. «Ce pendentif appartient à mon frère. C'est la seule chose qu'il me reste de lui après qu'il se soit fait attaqué par le vampire que vous avez vu mort. Je voulais juste la vengeance. Maintenant que vous savez pourquoi j'étais là-bas, je voudrais savoir à mon tour pourquoi vous vous étiez là, et surtout pourquoi je ne cesse de penser à vous depuis que je vous ai rencontré, ou mieux encore, comment se fait-il que je vous croise ici ce soir ? » Trop de questions ma petite, voulu-je lui répondre instantanément. Cependant je me ravisai. Il y avait sans doute du vrai là-dedans, peut-être même que tout l’était, mais je n’avais pas envie de déballer ma vie à une humaine que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, même si elle avait cru bon de dévoiler la sienne.

Elle s’était donc mise en tête de rechercher l’assassin de son frère ? Mais si c’est bien de lui que je l’avais sauvée deux jours plus tôt, il était désormais mort et elle n’avait plus raison de le chercher. Pourquoi donc retourner dans ce bar à vampires, dans ce lieu de débauche et d’indécence totale ? « Je suis bien désolé pour votre frère. Maintenant que son meurtrier est mort, faites votre deuil. Ça ne sert à rien de faire payer votre rancœur à tous les vampires, car je suppose que c’est pour cela que vous vous trouviez au Fangtasia. Comme je vous l’ai dit : vous finirez par y laisser la vie, ce n’est qu’une question de temps. » Certes mon peuple – que je répugnais penser ainsi – avait fait un bond en avant dans son acceptation parmi les humains. Certes il avait de nombreuses fois prouvé que son intégrité était possible, qu’il n’était pas dangereux pour l’homme, qu’il voulait être considéré comme son égal, que le True Blood était une preuve de sa bonne volonté. Il n’en restait pas moins un peuple vampirique, aux besoins naturels en sang humain, à un instinct de prédateur facile à réveiller. En d’autres termes : malgré les dires de tout le monde, humains et vampires confondus, les vampires étaient très dangereux pour l’espèce humaine.

Pourquoi m’étais-je trouvé dans cette forêt le fameux soir où je l’avais sauvé ? « Nous avons des lois vous savez. Il nous est interdit de tuer un humain, comme il vous est interdit de tuer quelqu’un. Il faut savoir faire régner l’ordre, c’est tout. Ce vampire avait l’intention de vous vider, je ne l’ai pas laissé faire. Après, ce que je faisais dans la forêt, ça ne regarde que moi. » Le ton pouvait sembler dur, je n’avais rien fait pour l’adoucir. Je ne plaisantais pas avec mon espèce, je savais de quoi elle était capable et ne m’en cachait pas. Je n’avais aucune envie de palabrer sur ma présence au Fangtasia, aussi me contentai-je de dire « Le Fangtasia est un bar de vampires et… » Je lui montrais mes crocs avant de les rentrer. « … Hé bien c’est ce que je suis ! » Oui, c’était un peu sarcastique comme remarque, mais lui dire la vérité m’était impossible, aussi bien pour sa sécurité que pour la mienne.

Venait maintenant ce fameux problème d’obsession. Je lui devais au moins une réelle explication sur ce point. Comment lui expliquer ce lien quasiment magique qu’a un vampire avec un humain qui a but de son sang ? « Pour le fait que vous pensiez à moi, c’est un simple problème de sang. Vous étiez dans un état déplorable quand je vous ai trouvé il y a deux jours. Vous auriez sans aucun doute succombé à vos blessures si je ne vous avais pas fait boire de mon sang. » Je marquai une courte pause. « Oui désolé, ce n’est pas une image exquise mais vous voulez savoir la vérité alors je me permets de n’omettre aucun détail. » Cette petite explication n’allait pas lui permettre de tout comprendre. Mais en un sens je ne voulais pas qu’elle sache tout. Aussi me contentai-je d’ajouter. « Lorsqu’un humain boit le sang d’un vampire il est uni à lui par un lien surnaturel. C’est mon sang présent dans votre organisme qui vous a donné ces pensées… Agréables je suppose. » Dis-je en ponctuant ma phrase d’un sourire en coin. « Elles disparaîtront lorsque votre corps aura évacué mon sang. »

Le serveur vint à notre rencontre et nous demanda ce que nous désirions consommer. Je laissai la jeune femme faire sa commande avant de communiquer la mienne. Cinq minutes plus tard nous étions servis et je vidai rapidement ma bouteille de True Blood – prise par précautions, son sang était beaucoup trop tentant. « Je ne sais pas quel but vous vous êtes fixé mademoiselle, mais permettez-moi de vous dire qu’il vaudrait mieux laisser tomber, il en va de votre vie. »


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MessageSujet: Re: « Se jeter de nouveau dans la gueule du loup … de la stupidité. » - Aindreas & Anaelle Lun 17 Sep - 19:06

Je savais dans quelle position délicate je mettais mise, tout d'abord en me pointant dans ce bar infesté de vampires, et maintenant en exposant ma vie à cet inconnu, qui ne semblait pas en être un pour moi. Je ne connaissais bien entendu aucune de ses intentions ni de ses réactions mais son visage jusqu'à son odeur mettaient devenues familières. Il fallait bien que je lui explique un peu l'histoire si je voulais obtenir des réponses. C'est donc ce que je fis. Et il me répondit avec le plus grand calme du monde. Il se permit tout d'abord de douter sur mes réelles intentions quant à ma venue ce soir.
« Permettez-moi d’en douter. Vous n’étiez pas là par hasard ce soir, vous ne me ferez pas avaler le contraire. »

Bien sûr que oui. J'en étais totalement consciente. Je me suis sentie même ridicule d'avoir osé mettre le pied ici, car la raison exacte, je ne la connais même pas moi-même. Ou peut-être avais-je besoin d'être une nouvelle fois en danger, pour le retrouver de nouveau ? Voilà au moins une chose qui aura marché. Dans un air totalement hautain (et certainement agaçant), je me permets de lui rétorquer. " J'étudie les vampires. Dans un but non amical, vous l'avez compris. Comment voulez-vous que j'y arrive de chez moi, devant de simples livres ? Il faut que je me fonde parmi eux...parmi vous."

Le sujet de mon frère arriva bientôt. Cela me faisait toujours mal d'en parler, car je déteste ce sentiment d'énigme et de mystère autour de sa disparition et certainement de sa mort. Mais quelquefois, je me permettais d'en douter et de penser que quelque part, il était toujours vivant. Il ne fallait pas trop de faire d'illusions malgré tout, il serait déjà revenu à moi si tel était le cas.

« Je suis bien désolé pour votre frère. Maintenant que son meurtrier est mort, faites votre deuil. Ça ne sert à rien de faire payer votre rancœur à tous les vampires, car je suppose que c’est pour cela que vous vous trouviez au Fangtasia. Comme je vous l’ai dit : vous finirez par y laisser la vie, ce n’est qu’une question de temps. »

La réponse qu'il eut me fit doucement sourire à l'intérieur. Pourquoi donc ce vampire me parlait-il ainsi ? Lui qui en est un, pourquoi tenait-il absolument à me répéter toutes les cinq minutes que j'allais bientôt mourir si je continuais mes bêtises et mes mises en danger.
" Vous ne pouvez pas me juger comme vous le faites. Je n'avais que mon frère alors quand il a disparu, je n'avais que cette idée de vengeance pour avancer. Et ça ne m'a jamais quitté. Quand à ce que je risque, je le sais parfaitement, mais vous savez, je suis toute seule alors si je disparais, je ne manquerai à personne. Au contraire, j'irai rejoindre mon frère. Et je l'aurai vengé d'une certaine manière".

Mon discours s'approchait de celui d'une suicidaire dépressive. Ca n'en été pas loin mais je ne le paraissais pas du tout, même si mes paroles étaient parfaitement sincères. Je n'attendais aucune réponse de sa part, et la seule chose qui me surpris fut ma confession. Encore une fois.

Il me fit part ensuite de ses intentions dans la forêt. " Il vous est interdit de tuer un humain, et c'est pourtant ce qui a été fait. Si vous avez le droit de violer vos lois, alors je ne me gênerais pas pour en faire autant. "

Tout en me confirmant qu'il faisait partie de la race que je haïssais, il me montra ses crocs. Cela ne m'effraya qu'un peu, et je baissai rapidement la tête pour éviter le petit frisson qui montait en moi. Tout en tournant la tête, je lui dis :

"Vous auriez sans doute dû me laisser là-bas. Ca vous éviterait certainement de perdre votre temps avec une humaine dans un petit café plutôt que de vider le sang d'un autre humain tranquillement assis".

Le plus intéressant vint ensuite. La fameuse obsession. J'étais réellement impatiente de découvrir la vérité à ce sujet, car cela me hantait. Au fur et à mesure qu'il m'expliquait le pourquoi du comment, mes yeux s'écarquillèrent. C'était carrément dingue de vivre une chose pareille...surtout de la part d'un vampire...l'idée d'avoir son sang dans mes veines me procura un sentiment extrêmement étrange, de l'excitation mélangée à de la peur, de l'incompréhension....Tout était confus.
Lorsqu'il eut fini sa phrase, d'un geste instinctif, je déplaçai ma chaise lentement pour venir presque me coller à lui. Je retrouvai alors le rapprochement dangereux de tout à l'heure contre le mur et je dus avouer que cela ne me déplaisait guère. Tout en posant mes coudes sur la table, je l'observai attentivement, tout en pensant à ce qu'il venait de me dire. D'une toute petite voix, je pris un air outré. "Quand votre sang aura disparu...je ne penserais plus à vous...quand aura-t-il disparu ?" La question m'était adressée, je me surprenais à parler seule, comme j'ai l'habitude de faire. Lui poursuivit dans une ultime phrase qui éveilla d'énormes soupçons en moi.

"Je ne sais pas quel but vous vous êtes fixé mademoiselle, mais permettez-moi de vous dire qu’il vaudrait mieux laisser tomber, il en va de votre vie".

Soudain, après un petit temps de réflexion, mon cœur s'emballa. Une barre vint se fixer dans ma poitrine, la même que lorsque j'aperçus mon frère se faire tuer. Ma respiration devint difficile et je releva péniblement la tête pour plonger mes yeux dans les siens tout en reculant ma chaise pour la remettre à sa place initiale.
Avec beaucoup de difficulté, je trouvai quand même le courage de lui avouer ma peur soudaine :
" Où est mon frère ? Vous l'avez tué ? " Un petit blanc se fit ressentir tandis que son visage changeait d'expression. " Ce n'est pas un hasard si vous étiez là-bas l'autre soir, vous connaissez parfaitement cet endroit. " Je me levai lentement de ma chaise tant en glissant la main dans ma poche.

"Vous m'avez attaquée puis sauvée pour que vous me hantiez chaque nuit, pour me faire souffrir." Je sortis violemment mon petit pieu de ma poche et vint le menacer avec d'une main tremblante. "Vous m'avez tiré des crocs du vampire tout à l'heure pour me tuer ensuite" dis-je en hurlant, ignorant complètement les autres personnes présentes au bar. Ma réaction fut ridicule car il m'arracha l'objet des mains en quelques secondes. Sans plus réfléchir, je me mis à dévaler les quelques escaliers et à courir aussi vite que cela me fut possible. J'en étais persuadée, c'était lui. La barre dans ma poitrine se fit ressentir et bientôt, je manquai d'air.




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MessageSujet: Re: « Se jeter de nouveau dans la gueule du loup … de la stupidité. » - Aindreas & Anaelle Lun 24 Sep - 12:30

Elle venait de me certifier qu’il n’était pas dans son habitude de se promener seule la nuit dans les forêts. Pour elle, s’être trouvée au Fangtasia ce soir-là relevait-il de la pure coïncidence ? Je lui fis part de mon scepticisme. C’est avec arrogance et d’un air dédaigneux qu’elle me répondit. Si cet air m’agaça prodigieusement, je n’en avais pas moins obtenu ce qui était à coup sûr la vérité. « J'étudie les vampires. Dans un but non amical, vous l'avez compris. Comment voulez-vous que j'y arrive de chez moi, devant de simples livres ? Il faut que je me fonde parmi eux...parmi vous. »

Je ne comprenais d’abord pas où elle voulait en venir en utilisant le terme « non amical », mais rapidement elle m’expliqua d’où venait cette obsession pour les vampires : son frère. C’est lui qu’elle était venue chercher ce soir-là, dans la forêt, lorsque le vampire que j’avais décimé avait tenté de la vider de son sang. C’est la vengeance qui l’avait attirée dans ce lieu de concentration vampirique. Sur un ton neutre et peut-être un peu dur, je lui répondis que la vengeance était inutile, dangereuse et qu’elle l’amènerait tôt ou tard à perdre sa vie. Sa réponse ne se fit pas attendre et était tout aussi froide que la mienne. Pour elle, seul savoir ce qui était arrivé à son frère lui importait. Elle n’avait qu’une seule idée en tête : le retrouver ou alors venger sa perte et si elle mourrait et bien tant pis, elle aurait au moins la satisfaction d’avoir fait quelque chose et de le rejoindre. Cette remarque me fit bien sourire intérieurement. J’étais la preuve vivante qu’il n’y avait qu’une malédiction après la mort pour les plus malchanceux. Pour les autres, il n’y avait rien, simplement un lit dans la terre ou la mer et un repos éternel. Il n’y avait pas de vie après la mort véritable, simplement un grand vide, j’en étais persuadé.

Une question lui brûla les lèvres et passa rapidement la barrière de celles-ci. Qu’est-ce que je faisais moi-même au Fangtasia ? Il m’était impossible de lui dire la vérité, il en allait de ma sécurité et, indirectement, de celle de Maxine. Alors je lui donnais la réponse la plus évidente qu’elle soit, même s’il s’agissait d’un mensonge, en lui présentant mes crocs. Son regard se baissa et je cru noter une petite note de peur. Elle savait pourtant ce que j’étais. « Vous auriez sans doute dû me laisser là-bas. Ça vous éviterait certainement de perdre votre temps avec une humaine dans un petit café plutôt que de vider le sang d'un autre humain tranquillement assis. » Dit-elle sans me regarder. Sa remarque m’arracha un sourire en coin. C’est étrange à quel point les discours des humains se ressemblaient. Il me faisait penser à celui que j’avais eu avec Maxine quelques jours plus tôt, sauf qu’il s’agissait non pas de me laisser tranquille pour aller boire le sang d’un humain, mais pour aller tuer un vampire. « Ce n’est pas si déplaisant que ça. » Dis-je dans un sourire taquin.

La situation vira ensuite sur un sujet qui semblait la troubler : pourquoi rêvait-elle de moi ainsi ? Sans donner plus de détails que nécessaire, je lui expliquai comment un humain était lié à un vampire dont il avait bu le sang, même quelques gouttes. Dans un geste discret, elle rapprocha sa chaise de moi et demanda comme pour elle-même, les yeux emplis de crainte. « Quand votre sang aura disparu...je ne penserais plus à vous...quand aura-t-il disparu ? » Ça la troublait tant que ça ? J’avais du mal à comprendre comment une femme qui haïssait les vampires pouvait avoir peur de ne plus voir l’un d’entre eux dans ses rêves. Cette situation était des plus étranges et je n’aimais pas en être le centre. Je fronçai les sourcils. Son rapprochement m’avait mis mal à l’aise même si je n’en avais rien laissé paraitre. Sa proximité me fit prendre conscience à quel point son sang, l’odeur de celui-ci, était enivrant et désirable. La mettant une dernière fois en garde sur ses intentions que étaient de plus en plus confuses, je tentai de m’éloigner de sa chaise mais un fait totalement imprévu se produisit, tellement que je faillis ne pas réagir assez vite. Le rythme cardiaque de la jeune femme se mit à accélérer dangereusement, son cœur martela sa poitrine en résonnant. Son regard se posa précipitamment sur le mien et ses pupilles se contractèrent, laissant paraître un air de peur sur son visage au teint frais. Elle recula précipitamment sa chaise avant de me demander où était son frère, si je l’avais tué. Incrédule je ne sus que répondre mais déjà les évènements s’enchainèrent. Elle se leva avec difficulté de sa chaise « Ce n'est pas un hasard si vous étiez là-bas l'autre soir, vous connaissez parfaitement cet endroit. Vous m'avez attaquée puis sauvée pour que vous me hantiez chaque nuit, pour me faire souffrir. Vous m'avez tiré des crocs du vampire tout à l'heure pour me tuer ensuite ! » Hurla-t-elle en sortant un pieu de sa poche en tentant de me le planter dans le cœur. En un mouvement éclair, mon bras fit barrière entre l’arme qui m’aurait valu la mort véritable et mon cœur. Le bois fin du petit pieu s’enfonça dans ma chair et me provoqua une vive douleur, comme de l’acide qui coule sur une plaie bien loin d’être cicatrisée. La douleur m’arracha un grognement et je retirai l’objet dans un élan de colère avant de le jeter à terre et de tourner la tête vers la femme qui, deux minutes auparavant semblait être aussi aux abois qu’une biche, mais qui venait de faire preuve d’un courage inattendu. Lorsque mes prunelles sombres se posèrent sur elle, je ne vis que ses cheveux valser avec le vent. Elle venait de quitter le bar en courant.

Immobile, le visage toujours empreint de cet air mauvais, je scrutai les lieux. Tout le monde avait cessé de palabrer et avait les yeux rivés sur moi. Un mélange de doute, d’incompréhension et de mépris s’affichait sur leurs visages. De nombreuses questions devaient se mélanger dans leurs têtes et j’avais peur que le gérant ne se décide à faire appel à l’autorité pour cette histoire de « meurtre ». Si tel était le cas, une enquête serait ouverte et ils n’allaient pas mettre beaucoup de temps pour remonter jusqu’au vampire que j’avais tué deux jours auparavant, ce vampire que j’avais tué pour sauver la vie de la jeune femme qui venait de tenter de me tuer moi. « Monsieur O’Connell ? » m’interrogea le placeur dont j’avais oublié le nom. « Il n’y a aucun problème. » Tant pis pour moi, si les choses s’envenimaient je me contenterai d’hypnotiser tous les témoins. Pour l’heure, je me devais de la retrouver.

Au dehors tout était très calme. L’air de la fin d’été planait et une petite brise d’air frais faisait bouger souplement les feuilles des arbres. Il faisait nuit noire mais je n’allais pas avoir beaucoup de mal à la retrouver. Nous étions venus à pieds ici et je n’entendais aucune voiture aux kilomètres alentours. Elle était toujours là. Son odeur parvint jusqu’à mes narines et je plissai les yeux. Elle n’était pas à plus de quelques centaines de mètres de là. S’était-elle cachée ? Un corbeau se mit à croasser avant de s’envoler et j’entendis du mouvement près des buissons à presque six-cent mètres de l’entrée du bar. Sans attendre, je m’y élançai à vitesse vampirique. « Jouer avec la nourriture c’est passé de mode très chère. » Dis-je sur un ton taquin mais qui se voulait rassurant. Je m’étais penché pour l’apercevoir. Il faisait noir mais ma vue améliorée et mon odorat surdéveloppé m’avait permis de poser les yeux sur elle avec une facilité déconcertante. La plaie de mon bras ne s’était pas refermée et le sang coulait toujours, grand malheur des blessures causées par le bois, mais je ne m’en souciais guère. Pour l’heure je voulais lui faire comprendre que je n’étais pas celui qu’elle pensait. « Mademoiselle, je vous promets que je n’ai pas l’intention de vous faire du mal. » Je regardai autour de moi pour voir si des oreilles mal intentionnées étaient susceptibles d’écouter, mais je ne voyais ni n’entendais rien. « Je ne suis pas de ces vampires, mais la situation est très… Délicate. » Ajoutai-je d’une voix presqu’inaudible. « Voulez-vous bien nous laisser une chance de nous faire comprendre ? » Dis-je sur un ton le plus doux possible en lui tendant la main pour l’inviter à s’extirper de sa cachette. Elle avait apparemment beaucoup de choses à me demander, et depuis ce qui venait de se passer – son élan de folie ou d’héroïsme, je ne savais pas encore quoi en penser – j’avais aussi quelques questions à lui poser. On ne se balade pas avec un pieu pour rien. On est entrainé, on sait des choses, mais dans quel but exactement ? L’idée qu’elle fut peut-être une dealeuse me traversa l’esprit, mais les braconniers qui recherchaient du « jus de vampire » étaient généralement adeptes des armes en argent ce qui n’était visiblement pas son cas.


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MessageSujet: Re: « Se jeter de nouveau dans la gueule du loup … de la stupidité. » - Aindreas & Anaelle

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« Se jeter de nouveau dans la gueule du loup … de la stupidité. » - Aindreas & Anaelle

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