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L'histoire de Bon Temps reste à écrire ...

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 Like a beautiful nightmare…

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MessageSujet: Like a beautiful nightmare… Mer 25 Juil - 12:10

    La nuit engloutit la pièce. Je n'avais dormi que deux misérables heures mais mon ancienneté me permettait de rester plus longtemps en éveil, sans quémander le cercueil qui aurait pu me servir de literie si nous étions encore de vulgaires légendes. Notre révélation au grand public avait eu ses bienfaits comme ses points négatifs. L'avantage premier fut sans doute toutes ces infrastructures qui furent érigées en notre honneur : bâtiments anti-UV, business center vampirique…nous avions intégré la société comme si nous étions revenus de loin. Et c'était mon cas : j'étais revenu de bien plus loin que vous ne pouviez vous l'imaginer. Je me tirai alors de ma position horizontale pour pouvoir soulever la masse froide qui me servait de corps. Cela faisait des années que je ne rêvais plus. Mon subconscient était gelé dans des souvenirs atroces et riches en souffrances.

    J'ouvris la fenêtre, qui m'offrit une vue prenante sur la Cité du Vice, illuminée de milles feux. Du haut de ma tour d'argent, je ne pouvais être dérangé que par les oiseaux de nuit. Et c'était ce que j'étais, malheureusement. Inspirant profondément, j'eu une pensée toute particulière pour la Louve. Le regard morne, il se transforma dès lors où je glissais mes yeux vers l'encadrement de la fenêtre. Je fis volte-face et passa à la salle d'eau, où je fis couler de l'eau froide sur mes courbes damnées. Où que je pose mon regard, mes pensées s'orientaient toujours vers elle. Erin. Dans le reflet du carrelage de la pièce, je croisais ses yeux en amandes qui me fixaient avec une fausse haine. Mais je voyais autre chose derrière ses prunelles. Quelque chose que je voulais lui faire avouer et qu'elle refusait d'admettre.

    Ceci fait, je débarrassais les lieux puis disparaissais dans les abysses nocturnes. J'allais succomber à la tentation. Et celle-ci avait un nom : Erin Dawson.

    Mes pas furent guidés par une force invisible jusqu'à Shreveport. Telle une ombre parmi les ombres, je me glissais dans les ruelles inexplorées de la ville, m'approchant dangereusement de la maison où créchait tant la Belle que la Bête. Ceux-ci semblaient être déjà profondément endormis : les loups étaient assommés par le sommeil. Dans le cas contraire, leur puissance virtuelle se serait dégagée dans les lieux. Je savais pertinemment que s'introduire chez autrui, des loups qui plus est, n'était pas quelque chose de très respectable et pourrait aussi bien déclencher une guerre locale qu'une boucherie en cette si paisible nuit. Je n'étais pourtant pas effrayé, pas même une seule seconde par le loup qui se trouvait dans la même maison que la demoiselle.

    Se déplacer en silence était quelque chose que nous autres vampires étions capables de faire à la perfection. Paranoïaque comme nous pouvions être, la discrétion était quelque chose que nous favorisions avant toute chose. Cela permettait de mieux surprendre. Dans ce cas de figure, il me permettrait de voir le visage de la belle endormie à une distance réaliste, et non pas fantasmagorique. Je voulais la voir perdue dans ses songes, n'aspirant à rien d'autre pour le moment. Je m'étais donc assit sur une chaise qui trônait dans sa chambre, légèrement illuminée par les rayons opaques de la lune. J'avais déposé mon poing contre ma joue, la fixant d'un regard d'une douceur que je ne me serais jamais soupçonné.
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Mer 25 Juil - 13:19

Il avait fallu quelques heures avant que je ne prenne le risque de me coucher. Je n'aimai plus dormir, de peur de rêver. Oui, le rêve me faisait peur, car il me rappelait trop de souvenirs. La nuit dernière, Matt m'était apparu en songe. Le temps d'une minute, il m'avait sourit. Puis, le rêve devint cauchemar lorsque des dents pointues se dessinèrent entre ses lèvres. Alors, le soir, pour éviter tout songe qui me ferait du mal, je sortais mes crayons et mes pinceaux, et laissai libre court à mon imagination. Parfois, Tray passait par là et me demandait d'aller me coucher. Il s'inquiétait pour moi, alors j’obéissais. Il était un des seul à me soutenir depuis que Matt n'était plus des nôtre. L'un des seul qui prenne soin de mon sommeil, de ce que je mangeai, de ce qui me faisait mal. Et ce soir, il m'avait prié de me coucher tôt, histoire de récupérer, disait-il. Une fois dans mon lit, j'avais parcouru des yeux quelques pages d'un des livre que j'avais acheté il y a quelque jour, avant de finalement donner raison à mon frère et de me laisser tomber entre les bras de Morphée.

Contre toute attente, se fut une nuit calme. Je n'aurai pas senti un courant d'air que je ne me serais pas réveillée avant le matin. Grimaçant, je cherchai d'une main ma lampe de chevet. Il me fallu un moment pour reconnecter avec les lieux, l'esprit encore embrumé. Je me levais, allant jusqu'à ma fenêtre afin de la fermer. Fermée, elle y était déjà. Un sentiment de panique me prit. Si ma fenêtre et ma porte étaient fermées, qu'est-ce qui avait bien pu m'éveiller ? Je fis volte face. Mon regard tomba instantanément sur une ombre que je reconnaîtrait entre mille.

-Vic...

Je me tu. Je n'avais aucune envie de réveiller mon frère, si c'était pour qu'après avoir assassiné mon bien aimé, Victor fasse du mal à mon frère, ma moitié. Alors, sans un mot, je sortis de ma chambre et me dirigeai vers ma cuisine, là où je savais que Victor me suivrait, ainsi que là où Tray ne nous entendrait pas. En allant vers la cuisine, passant devant un miroir, je pris conscience de ma tenue. Au passage donc, j'attrapai au plus vite une vieille couverture qui traînait dans le salon et l'enroulait autour de moi. Selon moi, Victor venait ici savourer sa victoire. Peut être souhaitait-il vérifier que oui, Matt était bien parti. Réprimant un soupir, je m'installai derrière notre bar et me servis un grand verre d'eau, que je vu d'une seule gorgée. Je craignais que l'on voit le vampire ici, que l'on croit que j'avais remplacé Matt par son assassin. Très vite, je fermai alors tous les volets de la pièce, ce qui fut, au final, une mauvaise idée puisque la pièce fut plongée dans le noir le plus total. Figée, je n'avais aucune idée de si Victor m'avait finalement suivit ou non, s'il se trouvait dans cette pièce, s'il était parti, ou s'il se tenait à quelques mètres de moi. A l'autre bout de la pièce de l’interrupteur, je n'osais m'y diriger pour allumer.
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Mer 25 Juil - 14:47

    Comme je pouvais m'y attendre, la contemplation de la belle endormie ne fut pas de très longue durée. La vague de fraîcheur que je pouvais dégager avait tout ce qui avait de surnaturel, et cela, elle ne s'en rendit compte qu'au dernier moment, prise sur le fait alors qu'elle tentait de refermer une fenêtre déjà close. Je n'avais pas cillé et l'avait suivie du regard sans dire traître mot. Encore dans la brume de son sommeil, sa louve finit par me sentir. Elle se tourna vers moi, les yeux écarquillés, sa voix s'arrêtant au bon moment. Les retrouvailles étaient plutôt étranges, mais le déroulement des événements allaient être beaucoup plus intéressants que je ne l'aurais imaginé. Je fus bien aise de sentir qu'elle n'avait pas été bercée par mon visage dans ses songes - elle ne m'aurait pas regardée comme si je sortais de la tombe de cette manière, sinon. Enfin…sortir de la tombe étant bien plus réaliste que jamais, j'en conviens.

    Elle ne prononça pas un seul mot de plus et sortit de sa chambre en direction de la cuisine. C'est, du moins, ce que je pu en entendre puisqu'elle se servit un grand verre d'eau fraîche, chose que m'apprit le peu de sons qui berçaient les lieux. Je ne la suivis pas de suite, profitant encore du parfum qui embaumait la pièce. Mi-fauve, mi-femme. C'était elle, tout simplement. Je me perdais dans des détails que la majorité des hommes diraient de futiles. Peut-être parce que je suis devenu sentimental…qui sait ?

    Toujours est-il que je ne regrettais en rien ce que j'avais pu faire subir à Matt. J'étais même très agacé par le fait qu'il soit encore parmi nous. Je ne pouvais que « remercier » platement Felipe. Je me languissais du jour où je pourrais enfin l'écraser et prendre la place qui me revenait de droit. La vengeance était maître mot de mon existence. J'en avais même oublié les belles années, celles que j'avais passées avec mon créateur à fouler d'innombrables terres. Matt était devenu mort-vivant et ceci me plaisait guère. Pas que je le craignais, il en faudrait sans doute plus pour qu'il en soit ainsi : je le portais en horreur, ce qui expliquait mon indifférence maladive à son égard. Un parasite qui grignotait sa place sur un tableau qui n'était pas sien.

    Je fini par descendre rejoindre Erin, qui s'était, ô triste situation, retrouvée dans une obscurité plus complète que jamais. Elle n'avait pas mesuré son geste et s'était prise au piège elle-même. Mais nous n'étions pas là pour faire éclater une fanfare alors qu'un loup dormait sous ce toit. Le silence, ou au plus grand cas des marmonnements, seraient recommandés. Tout ceci avait été prédit. Je passais tel un courant d'air hivernal dans la pièce, pour me retrouver derrière elle, l'enlaçant de mes bras de marbre. Redoutant un son inopportun venant de sa gorge, j'avais déposé l'une de mes mains sur ses lèvres, l'empêchant de faire une bêtise qui aurait pu lui valoir très cher. Conscient qu'elle avait comprit mon message, je retirais quelques secondes plus tard cette même main pour pouvoir la replacer autour du corps ardent de la louve.

    « Je me languissais de te retrouver… », soufflais-je à son oreille.
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Mer 25 Juil - 16:34

Les vampires étaient, en règle générale, plus fort que les Loups Garoux. Les gens de mon espèce craignaient la mort, eux non. Mes sens n'étaient pas aussi aiguisés que l'être qui venait de pénétrer par effraction dans cette maison. Mon corps brûlait aux alentours des 40°, le corps d'un vampire n'était que glace. De plus, tout m'opposait moralement à Victor. Je n'étais pas une mauvaise personne. Il était un meurtrier. Pourquoi s’obstinait-il à chercher mon attention ? Pour moi, Victor était un homme à femmes, pas à s'intéresser à quelqu'un de fidèle.

Dans le noir, je cherchai des yeux le moindre mouvement, la moindre ombre, mais en vain. Sous cette forme, je ne valais pas grand chose. Mais il m'était impensable de me transformer. Pas comme ça, pas ici, pas maintenant. J'étais du genre à ne me transformer qu'en extrême situation. Je n'aimai pas vraiment la vie de loup, mis à part l'aspect de la meute. Etre en communauté, voila pourquoi j'étais faite. Et à cause de Victor, j'étais éloignée de cette communauté. Je retins mon souffle. Il pouvait être partout et nulle part à la fois. Victor était un trop grand adversaire pour ma personne, je n'étais pas à sa hauteur. Chasseur expérimenté qu'il était, j'étais bien niaise de penser pouvoir le repérer. D'ailleurs, j'échouais totalement, car lorsqu'un étau de referma autour de moi, j'eu un sursaut et il dut étouffer un cri. Les battements de mon coeurs me faisaient mal tellement ils étaient forts. Son odeur emplissait à présent les lieux. Son parfum... Je tentai de me dégager, mais c'était chose vaine entourée de bras si puissants. Je compris alors qu'il ne me lâcherait pas tant que je ne me serais pas calmée. Reprenant une respiration normale, le vampire finit par retirer sa main de ma bouche.

-Je me languissais de te retrouver…

J'avais envie de pleurer. Que celui qui avait bousillé ma vie et celle de Matt se trouve ici, me prenne dans ses bras, me donnait envie de crier. La plaie béante qu'il avait ouverte me faisait souffrir le martyre. Surtout lorsqu'il était là, qu'il me touchait, qu'il me respirait. Retrouvant tout mon courage, je finis par ouvrir la bouche.

-Tu devrais avoir honte d'être ici.

Quelque chose dans sa présence me faisait peur, une autre... Il avait ce regard, cette force de vous contraindre à l'écouter. Me pinçant les lèvres, je me débattis une nouvelle fois. Je n'avais pas l'habitude d'être confrontée aux vampires, bien que depuis peu, ceux ci obscurcissent mon horizon. Victor fut le premier vampire qui entra dans ma vie. Puis Felipe. Puis même Matt. En tant que Loup Garou, je crain que peu de personne de ma meute ait un si large panel de connaissances vampiriques. Devrais-je en avoir honte ? Pas en ce qui concernait Matt, en tout cas. Et Felipe ? Je savais que le service qu'il m'avait rendu ne serait pas gratuit, mais qu'attendait-il pour me faire savoir ce qu'il voulait ? Je craignais tellement ce moment que, finalement, plus vite il arriverait, mieux ça sera.

-Tu n'as même pas idée du mal que tu as fait... Je n'ai plus rien, c'est ta faute, et tu oses encore venir me voir ?

Les sanglots finirent par déborder, bien que j'ai lutté contre. Quelques larmes coulèrent le long de ma joue, mais le plus flagrant fut ma respiration à nouveau hachée.
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Mer 25 Juil - 18:35

    Je sentais son pouls s'accélérer, battant contre sa poitrine. Il était même à se demander s'il n'allait pas bondir de sa cage thoracique d'une minute à l'autre, tant le battement était puissant. Je me rassurais alors sur ma façon dont j'avais pu agir et les précautions que j'avais prises au préalable. Encore une fois, je me surprenais. Disons que ces fois-là étaient rares tellement je portais un regard désintéressé sur ce que je pouvais faire durant mes nuits. Seul remède à une douleur qui ne s'effacera sans doute jamais. Mon masque était décidément marbré, ce qui permettait de tenir à distance tout individu qui se serait volontairement permis de marcher sur mes tourments. Rien ni personne savait qui j'étais réellement. Pour ceux qui avaient croisé ma route, sauf quelques miraculés, j'étais un monstre sanguinaire, chasseur invétéré qui réussissait avec férocité et acharnement tout ce qu'il entreprenait. La haine dans les yeux, mais une haine qui cachait, comme Erin, beaucoup d'autres choses que j'ignorais moi-même - et/ou que je ne voulais pas accepter. Sans doute n'étais-je pas suffisamment expressif, adroit. J'étais gauche dans tout ce qui se rapportait au sentimental et je l'avais montré par une violence sans nom. Seule chose de vivante qui faisait partie de moi.

    Lorsqu'elle glissa ces premiers mots, je ne fus pas surpris d'entendre des flèches tirées au lieu de mots doucereux, qu'elle n'aurait sans doute jamais prononcé en ma présence. J'inspirais profondément, m'imprégnant de l'arôme qu'elle dégageait. Un parfum doux et exotique, qui se brouillait de temps à autre par cette colère, cette peine dont elle ne parvenait pas à se défaire. Je ne retirais pas mes bras et profitait de l'instant.

    « Et tu devrais avoir honte de refuser la vie. », répondis-je sur un ton similaire à celui qu'elle avait employé.

    Pourtant, je connaissais ce sentiment. La vengeance n'était pourtant pas possible, pas adéquate à cette situation. Pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait pas eu de mort à proprement parler. Matt était vampirisé désormais, c'était ainsi, et il valait mieux qu'elle se réjouisse plutôt que d'en pleurer comme elle avait si bien commencé à l'instant. Elle refusait d'avancer sous prétexte qu'elle s'était brûlé une aile sur deux : Erin avait oublié qu'elle avait des jambes. Ce qui expliquait sans doute le fait qu'elle reste cloîtrée chez elle. Toujours. Sans participer aux affaires de la meute, ce qui, pour tout loup-garou, n'était pas une bonne chose. Un loup solitaire devient très vite instable. Bien qu'en n'étant pas d'entre eux, je savais pourtant, de mon expérience, beaucoup de choses sur leur façon d'opérer. La révélation des Loup-Garous était, d'ailleurs, quelque chose que je ferais de vive voix.

    Son souffle ainsi que sa poitrine furent marqués de soubresauts. D'un de mes doigts, je passais sur les quelques larmes qui s'étaient décidées de marquer ses joues d'humidité. Je n'avais, pourtant, pas oublié ne serait-ce qu'un seul de ses mots.

    « J'aimerais te voir me sourire, mais tu me lanceras toujours des pieux de ton regard. J'aimerais également m'excuser, mais je sais pertinemment que tu refuseras le pardon. J'aimerais partir, mais je te hanterais à toujours, car tu es incapable de t'avouer à toi-même la vérité… »

    Je fermais les yeux, l'empêchant avec une certaine grâce de se débattre comme elle tentait de le faire - ce qui n'avait malheureusement aucun effet.

    « …alors, dis-moi Erin, que dois-je faire ? »
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Mer 25 Juil - 19:25

Sa réponse me laissa sans voix. Quelle vie ? J'avais déjà accepté la nouvelle vie de Matt, celui qui peinait à le faire en revanche, c'était lui même. De quelle vie parlait-il alors ? La mienne ? Celle qu'il avait réduit en poussière ? Certes, une nouvelle vie commençait pour moi. La désolation, voila ce qui m'attendait. Matt ne m'aimait plus, il me rejetait, et lui même était rejeté par la meute. Et la meute... Que dire de plus sinon que j'ai perdu leur confiance, leur soutien ? Le seul réconfort dans cette nouvelle vie, c'était Tray et sa petite amie. Ils étaient les seuls à croire encore en moi. Et Victor, peut être. Peut être qu'en effet, Victor devenait un pilier, dans cette vie là. Mais je n'en voulais pas. Je ne voulais pas d'un pilier qui avait fait s'effondrer les autres. J'avais encore quelques amis à y perdre dans cette histoire, sinon, voila longtemps que j'aurai mis fin à toutes ces souffrances. L'exile ? Le suicide ?
Je le savais, mon plus grand défaut avait toujours été de m'attacher trop fort aux gens. De ce fait, si je les perdais, mon monde s'écroulait. Ma vie tournait autour de celle des autres. Peut-être qu'il fallait que je change tout ça, que le ciel m'avait en fait envoyé un message, que je recommence à vivre, mais à vivre sans attaches ? Non. Victor, lui, vivait sans attaches, et en paraissait-il plus heureux ? Non, puisque finalement, il recherchait quand même quelqu'un à qui s'attacher: moi.

Il poursuivit son discours, essuyant au passage une larme qui coulait sur mes joues. Ce geste futile me fit cesser tout mouvement. Figée, je l'écoutais parler. Et de tout ce qu'il disait, il avait raison. Je ne pourrai pas lui sourire. Je ne pourrai pas lui pardonner. Mais qu'il parte ne changerait rien, il resterait gravé à mon esprit à jamais.

-…alors, dis-moi Erin, que dois-je faire ?

Et moi ? Et moi, que devais-je faire ? Je ne pouvais pas m'enfuir, quitter mes derniers amis serait suicidaire pour moi. Je ne pouvais pas me battre non plus. Et, je n'en avais même aucune envie. Victor me paraissait si lointain, presque intouchable. Et puis, même sous ma forme de loup, je ne faisais pas le poids, et n'ayant jamais recouru à la violence, je serais forcement désavantagée face à son expérience. Alors, peut être devais-je accepter. Mais je craignais de perdre à jamais Matt si jamais un jour, je relâchai cette colère, cette rage, cette honte. J'avais peur qu'il ne croit que je ne me batte plus pour lui si je me laissais vivre à nouveau. Il fallait qu'il me voit souffrir, qu'il me voit mal, pour me pardonner, se dire que moi non plus, je ne le vivais pas bien. Si je souriais à nouveau, sa colère envers moi redoublerait, et là, là... Là, je craindrai qu'il ne s'en prenne à mon frère.

Le fait que Victor m'immobilise m'apaisa très rapidement. Soutenue comme je l'étais dans ses bras forts, je pouvais souffler. C'était comme si je n'avais même plus besoin de tenir sur mes jambes, il le faisait pour moi. Alors, prenant une bonne inspiration, je me laissais aller contre lui, comme un arbre contre son tuteur. Comme une désespérée à sa bouée.

-Tu as raison, soufflais-je. Il n'y a plus rien à faire. Le temps d'agir est résolu, c'est avant qu'il aurait fallu faire. Plus maintenant.

Sentant son corps contre le mien, la raison du combat entre Matt et Victor me revint à l'esprit. C'était moi. C'était par ma faute que tout cela était arrivé. Parce que j'avais laissé les yeux de ce vampire se poser sur moi. Parce que je n'avais pas su les arrêter. Finalement, ce n'était peut être pas Victor le fautif, mais bien moi. Lâchant un long soupire lâche, je soupirais:

-C'est trop tard...
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Mer 25 Juil - 20:23

Elle n'avait visiblement pas senti où je voulais en venir réellement au terme de mes premières paroles. La vie, en soi, était quelque chose d'ambigu. J'étais virtuellement vivant alors que mon corps, lui, était d'un froid cadavérique. Erin avait renoncé à faire une croix et avait entouré plusieurs fois de façon répétée les faits du passé. J'ignore si ma volonté était de trouver la paix, ce serait alors un acte égoïste auquel je me serais prit, et ceci ne m'étonnerait pas. Ou alors, était-ce la volonté de la voir marcher sur de nouveaux horizons ? Je l'ignorais. Je ne pouvais lui faire comprendre quoi que ce soit tant qu'elle resterait enchaînée à ces événements. Le Temps allait faire son œuvre, comme il avait pu le faire pour moi. En effet, la mort de mon créateur me laissait certes une vague amertume mais je m'étais volontairement blindé contre toute cette souffrance que sa disparition prématurée avait engendrée. Mon monde s'était écroulé, et alors, j'avais trouvé une nouvelle raison de vivre : la vengeance. Ce n'était pourtant pas la meilleure des solutions, et mon fort intérieur me le soufflait, me projetant sans cesse le visage de la Louve. Si je pouvais me rattacher à quelque chose sans craindre l'autodestruction, c'était à elle et à personne d'autre.

Je sentis son corps se relâcher, ayant la vague impression qu'elle s'était laissée faire non pas par dépit mais par dévotion. Une dévotion qui n'avait rien à envier de ces foutues histoires de religieux. Elle s'aidait de ma prestance pour rester debout, et c'était ce dont elle avait toujours eu besoin. Une personne pour l'épauler, l'aider à marcher dans ces plaines sinistres. Elle acquiesça, me laissant coi durant quelques instants.

« Tu as raison. Il n'y a plus rien à faire. Le temps d'agir est résolu, c'est avant qu'il aurait fallu faire. Plus maintenant. C'est trop tard… »

Je redressais légèrement mon visage, frôlant sa chevelure sauvage de ma tempe. L'endroit était toujours plongé dans l'obscurité, et son verre d'eau entamé se trouvait encore sur le mini-bar qui se trouvait dans la pièce. Quelle idée lui avait passé par la tête lorsqu'elle avait fermé les volets ? Pensait-elle réellement nous protéger ? La question restait évidemment en suspend. Car il n'y avait pas encore de « nous » à proprement parler, bien que nos corps liés laissaient supposer le contraire.

Intentionnellement, je laissais un silence s'installer, lui permettant ainsi de retrouver le contrôle de sa respiration. Qu'elle se laisse bercer par l'absence de sons. Ou presque. Un orage se levait au loin, ce qui annonçait également un départ qui risquerait de se précipiter si le loup qui se trouvait à l'étage ne décide de descendre pour une raison inutile. Mais je me fichais de ce qui pouvait m'arriver, puisque j'en sortirais sans doute plus vivant que jamais. La seule qui devait être protégée ici, c'était Erin.

« Matt s'habitue à sa nouvelle vie, fis-je en brisant ce silence pesant, il fait beaucoup de progrès malgré ses réticences. »
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Mer 25 Juil - 20:45

Inspire. Expire. Inspire. Expire. Voila longtemps que je ne m'étais pas sentie si apaisée, si calme. Je ne forçai plus sur mon corps, ni sur mon esprit. Le silence engourdit quelques instants mon esprit avant d'y faire le vide. Je me sentais légère. Un sourire m'aurait presque échappé, si un orage ne s'était pas mis à gronder. Revenant à la réalité, je me redressai de suite. Fermer les volets avait était, finalement, une bien bonne idée. Car jamais l'on ne m'aurait pardonné de me trouver en ce moment même dans les bras de Victor, si l'on nous avait vu. Et ils auraient même raison, de ne pas me pardonner. Moi même, j'aurai aimé faire marche arrière, tout à coup. Ne pas me laisser surprendre, ne pas me laisser aller contre lui. Ce qu'il dit ensuite, changea bien des choses.

-Matt s'habitue à sa nouvelle vie, il fait beaucoup de progrès malgré ses réticences.

Victor venait de dire le mot magique. Des dizaines de questions brouillèrent mon esprit qui semblait pourtant si apaisé il y avait quelques instants. Comment savait-il que Matt allait bien ? Le voyait-il ? Impossible, tous deux ne rêvant que de vengeance. Peut être alors que Victor aurait prit des nouvelles de mon ancien petit ami, pour m'en faire la surprise ? Ou peut-être sait-il qu'il s'habitue bien à sa nouvelle vie par le fait qu'il ait encore essayé de le tuer et ait échoué ? Mon cœur se serra, mais je souris. Si Matt allait bien, je gardai l'espoir qu'il me pardonnerait. Et plus vite il se serait fait à sa nouvelle vie, plus vite tout redeviendrait comme avant. Sauf que je me berçai d'illusions. Rien ne redeviendrait comme avant. Ma meute le rejetterait toujours, elle me rejetterait aussi. Et Victor... Victor serait toujours là. Je fis la moue. Quelle était l'issue de cette histoire ? J'aurai tant eu besoin d'un guide... Curieuse et voulant en savoir plus, il fallait qu'il m'en dise plus, que je relance la conversation.

-Victor... Si tu me lâchais, je te servirai volontiers quelque chose...

Je voulais tout savoir. Où il vivait, s'il avait de l'aide, si on le repoussait, s'il avait de nouveaux amis, ou même... Une nouvelle petite amie. Mais avant tout, je devais nous mettre en condition. Le mettre lui en condition de confidences, et moi, me mettre en condition pour boire ses paroles sans en perdre une goutte, et sans y laisser mes émotions déborder non plus. Ainsi, assise face à un verre, nous serions mieux. Et surtout, je ne risquerai pas de voir mes jambes se dérober sous moi si je venais à apprendre certaines choses.

-Comment.. Comment sais-tu, pour Matt ?

Je me sentais incroyablement méprisable. Quelques minutes plus tôt, j'aurai voulu voir disparaître ce meurtrier. Ensuite, je m'étais laissée apaiser par son appui. Et à présent, il ne m'intéressait que par les informations qu'il pouvait me donner. Méprisable était le bon mot. Qu'était-ce que cette girouette que j'étais devenue ? Je méprisais utiliser les autres, et la honte me prit au ventre... Et comme si la situation n'était pas assez étrange, je m'excusais.

-Je... Je suis désolée. Peut être devrions nous en parler une autre fois ? lui souriais-je, contre toute attente.
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Jeu 26 Juil - 10:04

J'avais décidé de glisser cette information non pas en prologue mais en épilogue. Ce petit parasite lui était cher, et ceci, je le sentis au ton qu'elle avait employé. Comme si une force invisible lui avait donnée une nouvelle destinée, elle se sentit obligée de se délivrer de mes entraves charnelles. Je n'acceptai pas immédiatement sa requête, laissant uniquement mes yeux se balader dans la pièce obscure. Pour ajouter un prétexte supplémentaire à me faire lâcher prise - ou même à me faire subtilement culpabiliser - Erin m'offrit la possibilité d'être servi d'un ou plusieurs verres. Mais de quoi voulait-elle bien parler ? Quel vampire boirait de l'eau, qui avait le même goût qu'un tas de cendre dilué dans la salive d'un humain ? Je me souvins alors de ma transformation, de mes papilles qui s'étaient autant métamorphosées que mon métabolisme. J'avais eu alors une répugnance pour la nourriture que je chérissais tant, les breuvages qui me donnaient la vie, et la seule chose que je pouvais encore supporter, c'était l'alcool, chose que peu de mon espèce faisaient. Alors j'ignorais si elle avait décidé de me servir du TrueBlood qu'elle n'aurait jamais pu cacher, je le sais, car aucun vampire ne résidait ici. Pire encore : ceux-ci avaient été sur leur tableau de chasse, jusqu'à ces quelques instants.

« Comment.. Comment sais-tu, pour Matt ? »

Elle était terriblement naïve. J'avais pensé qu'elle aurait changé lorsque nous changerions brutalement de sujet de conversation, mais les sentiments faisait d'elle une esclave. Toujours est-il qu'elle me sous-estimait. Je n'étais pas un vampire du dimanche qui restait au chaud dans son nid. J'avais des esclaves, des informateurs, et tout ce dont aurait pu avoir besoin le second de l'État du Nevada. Sans compter qu'ils ne se contentaient pas de rester sur le territoire et allaient là où on leur avait indiqué.

À ma plus grande surprise, elle se rattrapa, se rendant alors compte de la tournure des événements. Elle s'était retrouvée dans une position fort peu avantageuse. Mais surtout, ô diable, elle avait esquissé un sourire. Je ne lui fis pas remarquer ceci, préférant qu'elle s'en rende compte d'elle-même.

« Sache que je suis partout et nulle part à la fois. D'autant que ce genre d'individu n'est pas difficile à intercepter, plaisantais-je avec un réel sérieux dans mes mots. »

Je pris alors la peine d'inspirer, bien que ceci ne soit pas obligatoire pour nous autres mort-vivants. Ma cage thoracique se souleva, et je sentis les battements réguliers de la louve. Son corps était bouillant, une véritable fournaise, et je m'avouais alors que la chaleur de la vie m'avait manquée. Je la relâchais avec douceur, tel un lierre ensorcelé qui avait décidé de s'attaquer à une autre femme qu'elle. Ce qui était bien évidemment faux. Je ne la lâcherais pas de si tôt, car je sentais que nous étions proches du but…si proches…

Mon corps se déplaça jusqu'à l'interrupteur, sur lequel je pressais une fois pour pouvoir éclairer les lieux de néons blancs. Et enfin, elle eut tout le loisir de me voir dans mon intégralité, et surtout, sans être gênée par quelques ombres capricieuses. Je n'avais pas encore posé mes yeux sur la louve, prenant mon temps pour revenir face à elle, séparés par le mini-bar. De nouveau, l'orage gronda sourdement, légèrement plus intensément que la première fois.

« Nous en parlerons une prochaine fois si tu le désires. Cependant, je n'aurais pas plus d'informations à t'apporter pour le moment. »

Pour la simple et bonne raison que je me fichais totalement de cet énergumène qui foulait la terre américaine. Revoir son visage me laisserait tout bonnement indifférent, à moins qu'il ne désire se venger de ses crocs en mousse et ses réflexes d'enfants mal élevés. Avoir une autre mort sur l'esprit ne m'aurait pas réellement enchanté étant donné que Matt représentait quelque chose pour la louve. Les morts tombaient, évidemment, sous mon courroux sans que je n'ai de scrupules à le faire. Lui, cela pouvait être différent. Je saurais parfaitement manipuler la chose pour que quelques sbires s'en occupent personnellement. Les alternatives fusaient et j'en étais ravi.
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Jeu 26 Juil - 10:45

Malgré ma proposition, le vampire ne desserra pas son étreinte de si tôt. Son corps froid aurait pu me donner des frissons, si le mien n'atteignait pas 40°. Quoi que de se fait, la différence entre nos deux températures se faisait encore plus flagrante ! En ce qui concernait la boisson que je lui proposais, je savais que mon frère avait quelques bouteilles qu'il gardait pour de grandes occasions. Et, je ne sais plus trop comment, mais j'avais dans le souvenir que Victor buvait encore de l'alcool. Et je savais exactement lequel. Je retins un soupir, me rendant compte que malgré tout, je commençais à bien connaître ce vampire. Avant que Matt et Victor ne se querellent, Victor m'avait déjà quelques fois abordés, si bien que nous n'étions plus de parfaits inconnus l'un pour l'autre. Il me fit alors comprendre qu'il avait les moyens de tout savoir, de tout vérifier. Certes. Les vampires aussi, peuvent vivre en communautés. Mais ce n'est pas ça qui permettait à Victor d'avoir toutes ces informations. Non, ce vampire là ne vivait pas en communauté. Je tranchais plutôt sur le fait qu'il demande à certaines personnes de faire ses yeux et ses oreilles partout. Qu'il le demande, plus ou moins gentiment d'ailleurs.

Mon tuteur finit par me relâcher, et il fut temps pour moi de retrouver l'usage intégrale de mon corps. Je ne sentis plus sa présence derrière moi, et un frisson me parcouru. Je m'imaginais déjà plusieurs possibilités. Peut être était-il partit rendre visite à mon frère ? Et si tel était le cas, parviendrais-je à intervenir ? Pas sous forme humaine.. Et s'il tuait mon frère ? Paniquée, j'eus un mouvement de recul lorsque la lumière envahit la pièce. Plaçant mes mains devant mon visage, je fus aveuglée quelques instants. Non, il n'avait pas été provoquer Tray. Non, il était resté là. Un deuxième sourire m'échappa. Perdre Tray signerait mon arrêt de mort.

-Nous en parlerons une prochaine fois si tu le désires. Cependant, je n'aurais pas plus d'informations à t'apporter pour le moment.

J’acquiesçais. Baissant ma garde, je me mis à chercher une bouteille d'alcool dans mes placards. Ah, la voila. A cet instant, j'évitai de trop réfléchir, ou la culpabilité de servir un verre au vampire ayant causé tous mes soucis me ferait faire marche arrière. Et, je n'en avais pas envie. Finalement, j'avais envie qu'il reste là, un peu. Lui présentant ma trouvaille, je sortis deux verres.

-Il me semble que tu bois le whisky... ?

N'étant pas sûre de moi, je ne le servis pas tout de suite, allant me chercher une bouteille d'eau. De l'eau, juste de l'eau. L'alcool ne m'avait jamais tenté. Pire encore l'état des gens dans lequel mettaient ces poisons me terrifiait. Comment se rendre dépendant de ce genre de breuvage ? Perdre toute conscience, ne plus se contrôler ? Je détestais l'alcool, comme je méprisais les buveurs de ce genre de liquides. Mais Victor, en tant que vampire, pouvait-il encore subir les effets de l'alcool ? Non, bien sûr que non. Alors c'est confiante que je fini par le servir.

L'orage dehors nous indiquait qu'il ne fallait plus tarder. Tray était sensible aux changements climatiques, peut être se lèverait-il à cause de ce mauvais temps ? Je craignais qu'il ne nous surprenne. Sa fureur serait terrible, et ni lui, ni Victor, ni même moi n'en sortiraient indemnes s'il nous voyait.

-Tu n'aurais pas du venir. Je ne t'apprendrai pas que tu n'es pas très apprécié dans les alentours ? Je ne veux pas que tu mettes d'autres vies en périls, Victor.

J'avais retrouvé tout mon sérieux, et même toute ma colère. Je savais maintenant que Victor n'était pas capable de douceur avec les autres comme il en était capable avec moi. Par mes paroles, j'essayai de lui faire comprendre que je ne supporterai pas de reperdre un proche. Surtout pas mon frère. Mon regard pénétra le sien si froidement qu'il comprendrait sans mal ce que je cherchai par dessus tout à éviter. Peut être même le savait-il déjà. Peut être me connaissait il assez pour savoir que s'il tenait un minimum à moi, il me perdrait à jamais s'il répétait son erreur. A m'entendre penser, j'eu un frisson. Il me perdrait à jamais ? Déjà faudrait-il qu'il ait quelque chose à perdre. Mon amour ? Surement pas. Mon attention ? Je ne voulais pas y croire. Non, il n'avait rien à perdre de moi, car je ne voulais rien lui donner... Je ne voulais rien lui donner, pas vrai ?
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Jeu 26 Juil - 22:05

« Il me semble que tu bois le whisky… ?
- Je n'ai plus rien à t'apprendre, visiblement. »

Je lui esquissais un sourire presque doux, détachant mes mains du mini-bar. Je tournais les talons et décidai de faire un petit tour dans la maison, chose qui ne dura pas très longtemps j'en conviens, et le tout dans un silence de mort. Son parfum était partout, sur chaque objet, comme si elle les avait ensorcelés. Et j'étais l'un de ces objets, et elle l'ignorait. Je revins tranquillement dans la cuisine, inspectant à présent le plafond de mes yeux bleus acier.

« Tu ferais mieux de finir ton verre, je boirais dans le tien. Elle serait sans doute en train de s'imaginer que je devenais plus tordu que jamais, ce qui était faux en ce sens. Pour éviter les soupçons, au cas-où ton ami lupin se réveillerait. »

Il était clair et net que nous n'étions pas à un rendez-vous qui méritait de déballer le grand outillage. D'une minute à l'autre, tout pouvait basculer, d'autant que l'orage approchait à grand pas, rendait l'air soudain plus lourd malgré la fraîcheur que je dégageais. Je croisais mes bras contre mon torse recouvert d'une chemise blême recouverte d'une veste noire. J'avais pris la peine de mettre une pointe de blancheur qui n'avait pourtant rien à envier au teint de ma peau. Un teint maladif, qui se mariait effectivement bien avec la valeur noire. J'avais appris à accepter ma pâleur qui, autrefois, était démonstratif d'un haut rang social.

Alors que je m'appuyais contre le frigidaire - décidément nous avions tout pour nous plaire lui et moi - je lui offris un mot que je ne lui aurais sans doute jamais prononcé autrefois. Mais qui m'avait brûlé les lèvres bien trop de fois, bien qu'elle ne m'ait pas encore donné ce que je désirais réellement.

« Merci, Erin. »

Lorsqu'elle poursuivit, elle ne se rattrapa pas et me lâcha volontairement des mots qui étaient emplis d'une colère teintée par des sentiments bien plus positifs qu'elle ne voulait se l'avouer. Je ne pouvais malheureusement pas lui forcer plus la main que je n'avais pu le faire cette nuit. Je savais désormais que si elle se perdait dans ses réflexions, elle saurait y trouver une réponse adéquate. La réponse. Celle que j'attendais depuis si longtemps.

Elle m'avait répété une fois de plus que je n'aurais pas dû venir. Je n'en étais pas aussi sûr. J'avais pris le risque de marcher sur son territoire, armes baissées.

« Quel vampire serait apprécié à sa juste valeur, de nos jours ? Après tout, nous sommes les seuls à fouler ces terres en étant à découvert… »

Chose qui était vraie. Je faisais référence à la déclaration de Nan Flanagan, qui supposait lourdement l'existence d'autres créatures. Erin en faisait partie, évidemment, ce qui la toucherait sans doute. Je sentis son regard se poser sur moi, et l'interceptai alors d'une vivacité presque monstrueuse. D'autant que l'expression que j'adoptais ne fut pas des plus douces : mes yeux, en effet, lançaient des éclairs invisibles capables de paralyser quiconque se serait trop plongé dans cet océan tumultueux.

Lorsqu'elle me servit enfin, je décollais mon dos du frigo pour pouvoir m'emparer du verre, sans même quitter ses yeux. J'humai une fraction de secondes le whisky, pour ensuite le boire cul-sec.
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Ven 27 Juil - 7:40

Le fait que je sache qu'il buvait encore du whisky -sans même en ressentir le goût je présume- lui donna une raison pour me sourire. Un sourire qui voulait tout dire. Un sourire qui me fit baisser les yeux. Certes, je le connaissais mieux, à présent. Il finit par me tourner le dos, et sortit de la pièce. Mon cœur s'arrêta. Le faisait-il exprès ? Je priai pour qu'il n'aille pas vers la chambre de Tray. J'aurai pu le suivre, l'empêcher de quitter cette cuisine. Mais mes pas auraient fait plus de bruit que les siens, alors, je n'avais plus qu'à espérer. Mon verre d'eau, toujours dans ma main, aurait pu se briser tellement la panique me faisait serrer les poings. Cet homme était imprévisible, il mettait mon cœur à rude épreuve. Lorsque je le revis enfin, je lâchais un soupir. Ok ok, restons calmes.

Le regard dans le vide, il finit par me demander de boire mon verre, pour se servir dans le mien. J'arquai un sourcil, ne comprenant d'abord pas pourquoi. Lorsqu'il précisa que c'était pour éviter les soupçons, j'ouvris de gros yeux. Certes. Et moi, je n'y avais même pas pensé. Levant les yeux au ciel face à mes bétises, je bu donc mon verre avant de le passer sous l'eau, de l'essuyer et de le remplir à nouveau. Tout en servant son whisky, je lui soufflai.

-Moi je pense plutôt, que tu as plein de choses à m'apprendre. Tu es un homme de mystères, souriais-je.

Et c'était vrai ! Rien que son comportement avec moi était étrange. Peut-être était-il schizophrène ? Il pouvait se montrer si cruel, si violent avec les autres. Et si prévenant et doux avec moi. Tout à coup, il me remercia. Je ne réagi même pas à ces mots, sachant trop bien ce qu'ils voulaient dire. Je n'aurai pas du le laisser prendre place ici, je n'aurai pas du nous laisser dans cette ambiance de 'paix', je n'aurai pas du lui proposer un verre, il ne m'aurait pas remercié. En fait, j'étais égoïste. Egoïste de lui faire croire à un amour impossible. Si je lui avais balancé ce whisky à la figure, par exemple, il ne se serait pas fait d'illusions, et ne m'aurait pas remercié. C'était tentant. Mais un loup garou dormait non loin, et l'heure n'était pas aux plaisanteries. Je souris intérieurement, pensant que bientôt, à la prochaine occasion, il ne s'en sortirait pas si bien. Lui tendant son verre, j'attendais sa réaction face à mes mots tranchants.

-Quel vampire serait apprécié à sa juste valeur, de nos jours ? Après tout, nous sommes les seuls à fouler ces terres en étant à découvert…

-Tu as tord, répondis-je sans réfléchir. Tu as tord car certains loup garous foulent ces terres en tant qu'humains. Pour ma part, lorsque je traverse une rue, je suis humaine. Pas lycan. Il y a cette subtilité chez nous qui nous permet de vivre comme eux. Nous avons les mêmes corps, les mêmes besoins. Et nos comportements se rapprochent souvent aussi de ceux humains. Nous ne sommes pas des monstres, notre race n'a pas besoin d'être révélée car elle ne fait aucun tord aux autres. Ou du moins, aux autres mortels. Vous, la révélation était le seul moyen de survivre parmi eux. Car vous pensez trop vampire, et jamais humain.

Ça, c'était ma théorie, que chacun pense ce qu'il veut mais, j'étais persuadée que Nan avait révélé leur nature pour leur permettre de rester. Après tout, leur existence était forcément menacée. Pour nous, c'était différent. Nous étions si proches des humains sous forme humanoïde, qu'il était difficile de nous différencier, si ce n'est par notre température et notre peur incontrôlable de l'argent. Il n'y avait que sous notre forme lupine, que nous étions différents d'eux. Entre autre, si certains lycans préféraient, comme moi, rester le plus humain possible, c'était totalement faisable, et sans difficultés. Pas comme les vampires.

Le regard du vampire s'encra alors dans le mien, d'une force qui me fit retenir mon souffle. Il montrait là toute sa puissance, tout ce qu'il avait acquis d'expérience durant toutes ces années. Il montrait qu'il n'avait peur de rien, et qu'il ne craignais rien. Entre autre, je n'avais aucune défense contre lui. Surtout qu'en plus d'être si fort, il connaissait mes faiblesses.

Se détachant du frigo, il prit le verre que je lui avais servit et le bu d'une gorgée. L'heure était à la confrontation donc, je présume. Soutenant son regard avant de m'en détacher pour aller jusqu'à la porte d'entrée, je lui dis:

-Tu n'es pas sans failles, Victor Madden. S'il y a besoin un jour de te le rappeler, tu t'en rendras compte par toi même.

C'est à dire le jour où il toucherait une nouvelle fois à mes proches. Le jour où il m'arracherait encore une partie de moi. Ce jour où il perdrait la seule chose qui semble compter pour lui.
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Dim 19 Aoû - 13:01

Le fait de me contredire ne m'hérissa pas plus que cela : après tout, elle était toute disposée à le faire, comme la seule arme dont elle pouvait disposer contre mes mots. Des mots que je voulais plus sincères qu'ils ne pouvaient être baignés dans un arrière-goût de manipulation. Je serais prêt à tout pour pouvoir la faire mienne, ceci n'était plus à rediscuter. Lorsqu'elle me fit l'éloge de ses convives, je fis semblant de l'écouter avec une attention infaillible. J'avais effectivement déjà entendu ce discours bon nombre de fois, ceci me rappelait d'ailleurs étrangement son « petit » Matt. Tout deux naïfs puisqu'ignorants du monde dans lequel ils vivaient. La chasse n'était pas le seul point positif comme cache-cache pouvait être sa part sombre. Ces êtres auraient pu me dégoûter toute une éternité si je n'étais pas tombé sur l'une de leurs perles.

Je lui avouais alors, sans la flatter pour le moins du monde comme j'aurais été habilité à faire :

« C'est pour cette raison que nous ne sommes plus humains : nous n'avons plus à penser comme eux, ni même les mettre sur un piédestal qui n'aurait aucune signification. Nous avons survécu pendant des centaines de millénaires parmi eux et nous n'avons jamais eu à nous dévoiler pour nous “protéger”. Si c'était le cas, nous l'aurions fait dans une période bien plus antérieure à celle d'aujourd'hui, ne serait-ce que pour la sauvegarde et la dignité de notre race. Je reposais mes bras contre mon torse, puis continuai. Je te savais moins moralisatrice et plus attentive, Erin. »

Quelques minutes plus tard, elle s'arma de courage pour pouvoir me faire face, cette fois-ci, de front. J'eus écouté ses mots avec intérêt si elle ne m'avait pas fait éclater de rire à ce moment-là, un rire qui s'était retenu d'être suffisamment fort pour pouvoir réveiller le loup-garou assoupi à l'étage. Je ne la suivi pas et fit disparaître le sourire amusé que j'avais pu arborer durant quatre misérables secondes. Je pris néanmoins la peine de lui répondre, apparaissant derrière son dos en lui susurrant quelques mots à l'oreille.

« Tu connais ma faille mieux que quiconque. Je laissais mon souffle glacé lui chatouiller la peau un instant. Mais…tu es incapable de l'utiliser car toi-même tu y trouves satisfaction. »

Ma masse se déplaça jusqu'à l'étage, pour disparaître dans la nuit et de cette maison par la même occasion. J'avais vu son visage, je lui avais offert des paroles qu'elle n'avait pas entendu de vive voix depuis le désastre. Il n'y avait plus à réfléchir désormais. Juste agir.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Lun 27 Aoû - 11:31

Il tenta de riposter. "Tenta" car je ne l'écoutai plus, ses paroles n'ayant donc pas l'effet escompté. Le regard figé vers la descente d'escalier, je priai pour qu'un loup n'y vienne pas fouler les marches avant le départ de Victor. Je ne savais plus où j'en étais, je ne savais plus ce que je voulais. Si, dormir. Dormir, oublier, et recommencer, demain, à survivre. Si son monologue sur les vampires ne m'avait pas intéressé, alors que j'étais là, sur le seuil, attendant qu'il passe cette porte, les paroles qu'il y prononça me mit très mal à l'aise. Je me sentis me recroqueviller. Tu es incapable de l'utiliser car toi-même tu y trouves satisfaction. Ces mots résonnaient dans mon esprit à présent. Vicieux personnage que Victor qui sait que dire, quand et comme le dire. Figée par de tels mots, je n'osais lui adresser un regard.

Heureusement, il finit par disposer. Il me fallut quelques minutes avant de reprendre mes esprits et de fermer la porte d'entrée. Sans réfléchir, je montai les escaliers menant à l'étage, et me dirigeai vers la chambre de mon frère. Là, je me glissai sous sa couette et me collais contre lui. Habitué à ce que je rejoigne parfois son lit dans la nuit -les soirs où sa petite amie n'y était pas déjà, bien sûr- c'est sans se réveiller qu'il eut le réflexe de passer un bras autour de mes épaules. Allongée contre lui, je tentai de prendre exemple sur lui pour m'endormir, mais le sommeil ne vint jamais. Victor Madden avait encore frappé.
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MessageSujet: Re: Like a beautiful nightmare… Lun 27 Aoû - 11:33

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